ENTRETIEN — À la veille de son départ après huit ans à la tête de l’Unesco, Audrey Azoulay revient sur son bilan, la place des États-Unis et l’avenir du multilatéralisme au sein de l’organisation.Depuis son bureau du sixième étage, Audrey Azoulay peut contempler les 194 drapeaux qui flottent place de Fontenoy à Paris. C’est elle qui a tenu à ce qu’ils soient hissés de nouveau devant le siège de l’Unesco, comme un symbole de l’unité retrouvée au sein de l’organisation.
Dans moins d’un mois, la directrice générale de l’agence onusienne chargée de l’éducation, de la science et de la culture cédera son poste à l’Égyptien Khaled El-Enany. Après huit années passées à la tête de l’institution, l’heure du bilan est donc venue pour l’ancienne ministre de la Culture de François Hollande. Entre fiertés et regrets, espoirs et craintes, elle se confie à La Tribune Dimanche.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Dans quel état d’esprit quittez-vous l’Unesco ?
AUDREY AZOULAY — Je pars toujours passionnée par cette organisation et ce qu’elle est capable de faire. Je suis aussi très fière qu’on ait, avec les équipes, su relancer, repositionner l’Unesco à la hauteur de sa promesse et de son objet. Auparavant, elle était souvent instrumentalisée pour autre chose que sa mission. Cette instrumentalisation lui a fait beaucoup de mal. Il a donc fallu reconstruire la confiance en misant sur la crédibilité scientifique, en travaillant sur les sujets les plus brûlants du XXIe siècle, comme l’intelligence artificielle ou le dérèglement climatique.
Quelle a été votre méthode ?
Je ne sais pas s’il existe une méthode mais il y a eu beaucoup d’implication de ma part, y compris sur des sujets très politiques, comme le Proche-Orient, pour mieux les traiter en amont. Cela a aussi consisté à faire des propositions stratégiques qui correspondaient aux moments et aux besoins réels des États.