Nicolas Moalic, directeur marketing de Revolut en France, ne cache pas sa joie : « Cela témoigne d’un vrai changement de dimension. » La banque anglaise a nommé, le 4 septembre, Frédéric Oudéa au poste de président pour l’Europe de l’Ouest. L’ancien patron de la Société générale arrive pour institutionnaliser un peu plus cet acteur numérique, aux rêves illimités, né en 2017. Revolut a annoncé qu’elle mettra un milliard de dollars (850 millions d’euros) sur la table d’ici cinq ans pour développer son activité en France, avec, à la clé, l’installation à Paris du futur siège de ses activités en Europe occidentale.
Dans un marché bancaire hyper concurrentiel – on dénombre 313 établissements en France, selon l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) –, Revolut doit faire face à deux autres acteurs numériques de rang : la banque allemande N26 et BoursoBank, la filiale de la Société générale. Les deux premières sont originellement désignées sous le terme de « néobanques ».
« Cette appellation caractérise un établissement qui fonde son modèle sur une application mobile, au contraire des banques en ligne, comme BoursoBank, nées au début des années 2000 et qui ont profité du développement d’Internet », analyse Marc Campi, associé au cabinet de conseils Square Management.« On est un établissement de crédit, mais, structurellement, nous sommes une boîte de tech. Tout est pensé depuis et pour l’application mobile », abonde Jérémie Rosselli, directeur général de N26 en France.