LA TRIBUNE DIMANCHE – La guerre en Iran bloque les flux commerciaux sur le détroit d’Ormuz. Les sites français de Bosch sont-ils touchés ?
BRUNO GAHERY – Pour ce qui est de l’énergie et du prix du gaz, nous n’aurons pas de répercussions en 2026 dans nos usines françaises et peu en 2027, car nous sommes couverts par des contrats d’approvisionnement avec des prix convenus à long terme. En revanche, nous connaîtrons inévitablement une incidence sur les transports de composants qui arrivent d’Asie, puisque, ne pouvant plus emprunter le canal du Suez, ils devront faire le tour par le cap de Bonne-Espérance. Cela va allonger les délais de transport et stresser les chaînes de production, et aussi gonfler les prix du transport maritime. Nous avons mis en œuvre un suivi particulier, destiné à cette situation, sur toutes les chaînes d’approvisionnement. Pour l’instant, il n’y a pas d’alerte.
Quelles conséquences aura l’Industrial Accelerator Act (IAA), qui imposera bientôt un contenu made in Europe dans les voitures vendues sur le continent ?
Bosch privilégie le libre-échange, mais il faut que les règles du jeu soient équilibrées. L’IAA va dans le bon sens et va avoir un effet bénéfique sur l’innovation. Nous allons pérenniser nos équipes R&D sur le périmètre européen et particulièrement celles qui travaillent en France sur la traction électrique, les systèmes de freinage de demain et les radars de dernière génération. Les développements futurs autour de la voiture électrique se feront à proximité des lieux de production et donc forcément en Europe. Jusqu’à présent cela se faisait de plus en plus en Chine, mais il faudra du temps pour que cette directive européenne se concrétise et modifie les comportements des industriels.