Marie-Claire Daveu, directrice du développement durable de Kering : « Notre ambition est d'être reconnu comme un leader de la responsabilité environnementale et sociétale »
Marie-Claire Daveu, directrice du développement durable de Kering depuis 2012, détaille la stratégie RSE du géant du luxe.
Une rencontre initiale en 2014. Suivie d’un partenariat au long cours, concrétisé en 2016, avec l’ouverture d’une première Maison des femmes à Saint-Denis. Dix ans plus tard, un film – sorti en salles cette semaine – raconte l’engagement sans failles de Ghada Hatem-Gantzer, gynécologue-obstétricienne, pour la reconstruction des femmes victimes de violences. Avec, à ses côtés depuis la conception de son projet, François-Henri Pinault, président du géant du luxe Kering (Gucci, Saint Laurent, Balenciaga…), créateur de la Fondation Kering en 2008, qui s’est imposée comme un acteur majeur dans la lutte contre les violences faites aux femmes. En élargissant le périmètre d’action aux enfants victimes de violences intrafamiliales (160.000 chaque année en France) depuis 2023.
Le modèle de Saint-Denis, qui accueille plusieurs milliers de femmes par an pour une prise en charge globale et pluridisciplinaire (soins médicaux, soutien psychologique, accompagnement juridique et social…), a inspiré par son efficacité une mission d’intérêt général dès 2020, permettant le financement public-privé d’autres Maisons des femmes en France, ainsi que la mobilisation d’autres donateurs. À ce jour, huit structures, dont celles de Rennes, Tours et Marseille, ont été financées grâce aux 5 millions d’euros engagés par le président de Kering lors du Forum Génération Égalité en 2021. Sept autres devraient suivre.
« François-Henri Pinault a eu très tôt l’ambition que le groupe soit reconnu comme un leader de la responsabilité environnementale et sociétale, en conjuguant l’éthique au business. C’était très avant-gardiste d’inclure ces thèmes au sein même de la stratégie », explique Marie-Claire Daveu, la directrice du développement durable et des affaires institutionnelles de Kering.
Kering soutient 1 million de femmes dans six pays
Cette ingénieure de formation, ancienne conseillère de Jean-Pierre Raffarin à Matignon et ex-directrice de cabinet de la ministre de l’Écologie Nathalie Kosciusko-Morizet, a rejoint le groupe en 2012. « La résilience, dans toutes ses dimensions, est au cœur de nos problématiques; mixité et diversité culturelle y contribuent, estime la dirigeante. Kering compte une majorité de femmes, tant chez ses salariés et au sein de ses chaînes d’approvisionnement que chez ses clients. Engager l’entreprise sur ces thèmes était donc très cohérent. Et nous avons ouvert la voie pour que d’autres entreprises s’impliquent à leur tour. »
La Fondation Kering soutient désormais 1 million de femmes, dans six pays (outre la France : les États-Unis, l’Italie, le Mexique, le Royaume-Uni et la Corée du Sud), en agissant aux côtés d’une centaine d’associations.
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Côté développement durable, Kering agit notamment dans le secteur de l’eau, pour « améliorer la qualité, la quantité et l’accessibilité de l’eau dans dix bassins d’eau douce stratégiques du groupe », selon Marie-Claire Daveu, mais aussi dans l’agriculture régénérative (1 million d’hectares concerné) et revendique un taux de traçabilité de 97 % pour les matières premières utilisées. Le groupe entend aussi diminuer de 40 % ses émissions de gaz à effet de serre absolues d’ici à 2035.