LA TRIBUNE DIMANCHE — L’administration Trump a imposé un blocus des ports iraniens. Cette stratégie d’étranglement économique peut-elle fonctionner ?
SEYED HOSSEIN MOUSAVIAN — Elle a peu de chances de réussir. L’Iran n’est pas facile à isoler : il compte une douzaine de pays voisins et a accès à des routes commerciales alternatives, notamment par la mer Caspienne. Les tentatives passées pour provoquer un effondrement – que ce soit par des sanctions ou par la pression militaire – n’ont pas atteint leurs objectifs. Les dirigeants iraniens semblent croire qu’ils peuvent absorber des pertes économiques plus importantes que celles que les États-Unis peuvent supporter politiquement, ce qui rend cette approche peu susceptible de produire des résultats décisifs.
Quel est le scénario le plus probable pour l’avenir ?
La situation est extrêmement instable et dépend de multiples acteurs imprévisibles. L’approche du président Trump est difficile à anticiper, Israël a joué un rôle significatif dans l’escalade et l’orientation de l’implication américaine. Aucune des deux parties n’a d’intérêts pleinement alignés en faveur d’un règlement durable. De ce fait, les issues possibles vont d’une prolongation du cessez-le-feu à un accord limité sur le blocus et le détroit d’Ormuz ou au maintien d’une situation de « ni guerre ni paix », voire à un nouveau cycle d’escalade militaire.