Est-ce la visibilité médiatique donnée aux propriétaires lésés ou une réalité de marché ? La crainte du locataire mauvais payeur est de plus en plus forte chez les bailleurs. Pourtant les chiffres que nous avons récoltés auprès des plus grands gestionnaires montrent que ces impayés de loyer ne concernent qu’une infime minorité des baux.
Environ 3 % des baux accusent aujourd’hui des retards de paiement supérieurs à un mois. Au sein du réseau Orpi – 145.000 biens sous gestion – c’est en Île-de-France, la région pourtant la plus chère, que l’on comptabilise le moins d’impayés alors qu’on frôle les 4 % en province. Même constat chez le gestionnaire Imodirect qui relève que depuis le Covid et la crise inflationniste, ces impayés se maintiennent à un niveau historiquement élevé. Car jusqu’en 2020 la moyenne nationale dans le parc privé oscillait autour de 1 %.
Chez Century 21, qui gère environ 130.000 logements, le taux d’impayés, proche de 2 %, est relativement stable, mais on ne nie pas les difficultés des locataires avec la hausse des coûts de l’énergie et le renchérissement des charges. « Oui, les impayés de loyer ont augmenté, mais nous ne sommes pas inquiets », témoigne un autre gestionnaire qui insiste sur l’immense majorité de locataires « bons payeurs ». Car in fine, dans 97 % des cas, les loyers sont payés.