Depuis quelques semaines le constat est unanime, les marges de négociation repartent à la hausse. Le réseau Laforêt estime qu’elles atteignent désormais 5,1 % en moyenne à l’échelle nationale contre 4,5 % en fin d’année dernière. Dans un sondage interne, plus d’un tiers des agents du réseau l’Adresse constatent même des baisses de prix consenties supérieures à 8 %. Car avec le contexte international et le retour de la menace inflationniste, les acheteurs ont retrouvé leur pouvoir de négocier. D’autant que l’offre de biens à vendre s’est étoffée.
« Sur notre plateforme, raconte Régis Sébille, en charge des analyses pour le site Bien’Ici, nous comptabilisons 14 % d’annonces supplémentaires depuis le début de l’année ». L’accroissement des marges de négociation s’accompagne déjà d’un frémissement des prix à la baisse dans certaines grandes villes. En mars, les tarifs au m² des logements en vente sur Bien’ici reculaient de plus de 2 % à Lille et au Havre par rapport au mois précédent. Le site constate également des baisses mensuelles d’environ 1,5 % à Rennes, Grenoble et Paris.
Des vendeurs plus réactifs
Il faut dire aussi que les agents immobiliers ont réagi très vite au conflit au moyen orient pour éviter les blocages de 2022 lors du déclenchement de la guerre en Ukraine. « Nous avons tout de suite insisté sur le risque d’une remontée des taux des crédits immobiliers », explique Brice Cardi, le président du réseau L’Adresse qui a mesuré l’impact des hausses futures sur la capacité d’emprunt des acheteurs et donc l’ajustement nécessaire des vendeurs. « Vendre maintenant au bon prix, avec une petite marge de négociation est plus raisonnable que d’attendre et risquer de devoir brader son bien », affirme Brice Cardi.