Discret. Posé. Calme. Trois adjectifs souvent utilisés pour évoquer Bernard Fontana, PDG d’EDF depuis six mois, arrivé en pleine tempête à la tête du groupe public. Mais moins fréquemment pour qualifier les grands patrons, souvent dotés d’une nature plus expansive. Nommé aux manettes de l’énergéticien après le licenciement de son prédécesseur Luc Rémont en mars 2025 par l’État (qui possède 100 % du capital depuis la sortie de la Bourse de l’entreprise en 2023), Bernard Fontana, 64 ans, au profil peu médiatique, dispose de nombreux atouts pour réussir dans un univers jugé opaque à l’extérieur.
À commencer par ses dix ans passés à diriger Framatome, filiale d’EDF, spécialiste de la conception des réacteurs nucléaires. « Même si ce n’est pas toujours simple de rejoindre la maison mère en venant de chez le fournisseur », nuance un familier de l’écosystème. Cet « ingénieur pur sucre », comme il se qualifie lui-même, né à Madagascar et arrivé en France à l’âge de 11 ans, entré à Polytechnique en 1981, dans la même promotion que les banquiers Frédéric Oudéa (ex-Société Générale) et Jean-Laurent Bonnafé (BNP Paribas), a fait l’intégralité de sa carrière dans l’industrie.
Le premier choix de ce diplômé de l’Ensta (École nationale supérieure de techniques avancées) et ingénieur du corps de l’armement à la fin de ses études a été la SNPE (Société nationale des poudres et explosifs). Il y passera dix-sept ans, pour en devenir le directeur général adjoint, marqué notamment par la visite de son site toulousain, voisin de celui d’AZF, après le drame de 2001.