Ces dépenses, en nette augmentation, devraient encore croître alors que l’objectif est de prolonger la durée de vie des centrales nucléaires autant que possible. Si EDF a changé d’approche afin de lisser ces opérations au maximum, la Cour des comptes pointe la forte saturation des calendriers que cela engendre.Le mur d’investissements auquel doit faire face EDF n’est pas uniquement lié à la construction de six nouveaux réacteurs de type EPR 2, dont la facture pourrait dépasser les 70 milliards d’euros. L’électricien doit aussi mener de front les investissements consacrés à la maintenance et à la prolongation de ses 57 tranches nucléaires existantes. Or, selon un rapport de la Cour de Comptes, à paraître ce lundi, ces dépenses ont bondi de 28% entre 2014 et 2024 pour atteindre plus de 6 milliards d’euros par an.
Au total, les opérations de maintenance entre 2014 et 2035 effectuées dans le cadre du programme dit du « Grand Carénage » devraient ainsi atteindre 100 milliards d’euros, selon les estimations des magistrats financiers. Et même 130 milliards d’euros en prenant en compte la masse salariale liée aux opérations courantes.
Selon le palais Cambon, cette hausse tient directement au vieillissement des installations, dont l’âge moyen atteint désormais 40 ans, ainsi qu’aux nouvelles exigences en matière de sûreté. Lesquelles ont conduit EDF à multiplier les opérations à effectuer, en particulier lors des visites décennales, ces examens que l’exploitant est tenu de réaliser tous les dix ans.
Une augmentation réelle bien plus forte
Surtout, l’augmentation réelle est « plus forte encore » écrivent dans leur rapport les magistrats financiers. En effet, selon l’épais document, les coûts des opérations réalisées entre la troisième visite décennale et la quatrième visite décennale, effectuée au 40 ans d’exploitation d’une tranche nucléaire, « ont été multipliés par un facteur allant de deux à six », selon la puissance des réacteurs.