La crise au Moyen-Orient a rappelé cruellement au transport aérien sa forte dépendance vis-à-vis du pétrole. Et si l'électrification des avions réduisait les besoins du secteur en or noir ? « Il fallait être aveugle pour penser qu’une telle crise n’arriverait pas. Même quand il n’y a pas de pénurie de pétrole, les bateaux le transportant peuvent être bloqués », fait remarquer Jérémy Caussade, président d’Aura Aero. Le jeune constructeur aéronautique toulousain veut faire voler d’ici à 2028 un avion régional hybride de 19 places, l'ERA.
L’électrification de l’aviation n’est plus une chimère et devient peu à peu une réalité en Europe. Un pas important a été franchi début 2025 avec la certification d'un premier moteur aéronautique électrique par l'EASA. Développé par Safran Electrical & Power, l'Engineus 100 pourra équiper les petits aéronefs hybrides comme celui d’Aura Aero, mais aussi le futur avion à décollage et atterrissage vertical (VTOL) de la société Ascendance, également basée dans la Ville rose.
Jusqu’à 5 % de kérosène en moins
L’ambition d’aéronefs tout-électrique a fait long feu, l’heure est à l’hybridation progressive des avions. « Moins de 2 % des vols de notre avion seront réalisés en tout-électrique. L’ERA sera plus pertinent sur des distances de 400 à 800 km. Cela convient pour l’aviation régionale et le transport cargo en Amérique du Nord », illustre Jérémy Caussade. L’hybridation va aussi concerner le prochain monocouloir d’Airbus, amené à remplacer l’A320, qui devrait entrer en service entre 2035 et 2040.