Directeur associé du cabinet de conseil spécialisé dans l’énergie et l’environnement Colombus Consulting, Nicolas Goldberg, ingénieur de formation, est un expert du fonctionnement des marchés énergétiques, très écouté par les pouvoirs publics – notamment par Bercy – depuis plus d’une dizaine d’années. Il est également membre du think tank Terra Nova.
LA TRIBUNE DIMANCHE – Quelles peuvent être les conséquences du blocage du détroit d’Ormuz s’il se prolonge ?
NICOLAS GOLDBERG – Nous savons depuis quelques jours déjà qu’elles seront durables concernant le trafic gazier. Car une grande partie du gaz naturel liquéfié passe par ce détroit et ne peut pas emprunter d’autres routes, contrairement au pétrole. Les installations de liquéfaction du gaz au Qatar – un cinquième de la production mondiale – ont également été attaquées, de même que les usines électriques qui alimentent ces sites industriels. Même si ce conflit devait s’arrêter demain, ce qui semble peu probable, il faudrait plusieurs semaines, voire plusieurs mois, pour que le marché mondial du gaz liquéfié puisse retrouver un fonctionnement normal. D’où un effet à la hausse sur les prix du GNL, y compris en Europe, vu que c’est un marché mondial.