De la guerre au blocus ? La chronique financière de Marc Fiorentino

Découvrez la dernière chronique de Marc Fiorentino.
LTD/Fabien Clairefond

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Les investisseurs et les prévisionnistes ont dû refaire tourner leurs modèles en panique cette semaine. Pour intégrer une nouvelle donne. Du fait, encore et toujours, de déclarations de Trump. Trump qui ne semble pas pressé de reprendre la guerre, mais qui ne veut pas se précipiter non plus pour accepter n’importe quelle paix. Et qui prône maintenant une asphyxie économique de l’Iran avec le blocus du détroit d’Ormuz. On ne serait plus dans un scénario de guerre courte ni dans un scénario d’ « enlisement » militaire mais dans celui d’un état de siège.
Et ce scénario a des implications pour l’économie mondiale, pour les marchés financiers et pour votre argent. Dans ce scénario, le pétrole se maintient au dessus des 100 dollars pour une durée indéterminée, la hausse des prix s’installe plus longtemps et la croissance ralentit de façon plus marquée partout dans le monde.
On a déjà assisté à une révision significative des perspectives de croissance pour 2026, comme en Allemagne où celles-ci ont été divisées par deux, à 0,5 % Sans surprise, les cours du pétrole se sont envolés cette semaine, avec un brut et un brent proches ou au-dessus des 110 dollars, tout comme les taux d’emprunt à long terme, avec notamment un taux français à dix ans qui se rapproche des 3,8 %.
Ce scénario est il crédible ? Oui, parce que l’Iran est déjà dans une situation économique que le Wall Street Journal qualifie de « spirale de la mort » avec des millions d’Iraniens sans emploi depuis la guerre, une inflation galopante et un effondrement des entrées de devises. Oui, parce que les États-Unis captent des parts de marché pour leur pétrole et leur gaz auprès de pays importateurs comme ceux d’Asie qui veulent sécuriser les approvisionnements. Oui, parce que plus le blocus dure et plus la Chine souffre quant à ses importations d’énergie, ce qui fait les affaires de Trump.
Mais il y a un hic. Certes, la position globale des États-Unis est renforcée d’un point de vue militaire, stratégique et énergétique, mais chaque jour qui passe rapproche Trump d’une échéance électorale très délicate en novembre. Et chaque jour de blocus qui passe est un jour de hausse du prix de l’essence, donc un jour de baisse de pouvoir d’achat des électeurs américains.
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Les investisseurs se repositionnent donc sur un blocus à long terme. Tout en se demandant si Trump ne fait pas à nouveau de l’intox avant de conclure un accord de paix ou au contraire de lancer une dernière offensive massive pour tenter de prendre le contrôle du détroit d’Ormuz.
Et vous dans tout cela ? Que faire pour votre argent ? Rien ou pas grand-chose. Vous avez vu qu’il était bienvenu de ne pas paniquer sur les actions puisque les indices boursiers ont effacé les pertes dues à la guerre en quelques jours. Donc pas de modification brutale de votre allocation d’actifs. Sauf à vouloir bénéficier de la remontée actuelle des taux d’intérêt pour placer votre argent dans des placements taux comme des fonds obligataires datés ou des ETF taux d’intérêt.
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