« En cas d'élection de François Mitterrand, les chars russes occuperont la place de la Concorde », prédisait le ministre de l'Intérieur de Giscard d'Estaing en mai 1981 juste avant la victoire du président socialiste. Quarante-cinq ans plus tard, l'arrivée de la liste insoumise conduite par François Piquemal en deuxième position au premier tour des municipales met en ébullition la Ville rose. Dès dimanche soir, Jean-Luc Moudenc, candidat à sa réélection au Capitole brandit « le danger mélenchoniste » et lance un appel « à faire barrage à l'extrême-gauche ».
Le milieu économique embraye : le président du Medef 31, Pierre-Olivier Nau, sonne l'alerte dans La Dépêche du Midi en cas d'élection de François Piquemal, « face à la bordélisation des Insoumis à la métropole, les usines Airbus et les emplois aéronautiques fileront à Hambourg ou ailleurs ». Joint par La Tribune Dimanche, le chef d'entreprise développe : « Avec une majorité municipale et métropolitaine dans une logique de décroissance de Toulouse, mécaniquement, cela ne va pas faciliter l'installation de nouvelles usines, notamment aéronautiques. La hausse de la fiscalité des entreprises qui se profile inciterait beaucoup de projets à quitter Toulouse. »
Il y a quelques mois, Olivier Andriès, le directeur général de Safran (le motoriste disposant de plusieurs implantations à Toulouse), a annoncé ne plus vouloir investir dans une ville détenue par une majorité écologiste (après l'opposition à Rennes à l'implantation d'une usine).