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La Tribune DimancheMunicipales 2026

Municipales 2026 : Chalon-sur-Saône à rebours du récit de l’impuissance budgétaire

Amandine Ibled

Publié le 11 février 2026 à 14:31 - Mis à jour le 13 février 2026 à 17:10

Le maire sortant de Chalon-sur-Saône, Gilles Platret.

Le maire sortant de Chalon-sur-Saône, Gilles Platret.

LTD/PHILIPPE DESMAZES/AFP

La Tribune Dimanche

N142 ● 21 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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Dans un contexte de contraintes budgétaires accrues pour les collectivités locales, le maire sortant de Chalon-sur-Saône, Gilles Platret, (ancien LR, aujourd’hui divers droite) a lancé sa campagne municipale avec un projet intégralement finançable, sans hausse d’impôts, après douze années de gel fiscal

Sécurité, santé, commerce, attractivité, culture : la commune revendique un interventionnisme local assumé, à rebours du discours dominant sur l’impuissance financière des villes moyennes. En douze ans, Chalon-sur-Saône (45 000 habitants) a investi 120 millions d’euros, tout en maintenant une fiscalité stable et une dette quasi inchangée (+3 % depuis 2014). Une trajectoire rendue possible, selon le maire sortant, par une discipline budgétaire constante.

« Un projet municipal n’est tenable que s’il repose sur une gestion hyper rigoureuse, menée chaque année, poste par poste », explique Gilles Platret. La commune a dû absorber la baisse des dotations de l’État – 4 millions d’euros par an - la hausse du point d’indice des fonctionnaires, puis le choc inflationniste post-Covid. Sans jamais recourir à l’augmentation des impôts locaux.

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Le socle du modèle repose sur la capacité d’autofinancement, étroitement surveillée, et sur une dette contenue, condition essentielle pour préserver l’accès au crédit. « Nos marges ne viennent pas de la fiscalité, mais de l’efficience de l’administration », résume l’élu, qui revendique une réforme progressive des services plutôt qu’une réduction brutale de l’offre publique.

Sécurité, santé, attractivité : le retour de la commune stratège

Ce cadre financier stabilisé permet à Chalon-sur-Saône de déployer un interventionnisme local fort. La sécurité en est un pilier : la police municipale est passée de 20 à 49 agents en douze ans, complétée par un maillage accru de vidéoprotection et une coopération renforcée avec l’État.

Mais c’est surtout sur le terrain de la santé, compétence pourtant régalienne, que la commune assume un rôle élargi. Maison de santé pluridisciplinaire en centre-ville, soutien au centre départemental de santé (6 850 patients suivis), investissement de 500 000 euros annoncé pour les urgences hospitalières : « Il y a des situations où la collectivité doit pallier les carences du système, sans attendre », assume Gilles Platret.

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Ce volontarisme s’étend à l’attractivité et au cadre de vie, avec notamment la requalification des quais de Saône, restés inchangés depuis 1955. « Dès que le temps le permet, les quais sont noirs de monde. C’est un investissement qui recrée du lien et de l’usage », souligne le maire. À l’approche des municipales de 2026, Chalon-sur-Saône s’impose ainsi comme « un laboratoire » pour les villes moyennes : un modèle fondé sur la stabilité fiscale, la réforme interne et l’investissement continu.

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Reste une inconnue majeure, reconnue par l’élu lui-même : « Le seul vrai risque viendrait d’un nouveau désengagement massif de l’État. Sur le reste, notre base financière est aujourd’hui saine ». Un cas d’école qui interroge, à l’heure où l’État appelle à l’austérité, les marges de manœuvre réelles des communes et leur capacité à rester des acteurs centraux de la cohésion territoriale.

L’opposition dénonce une « lecture partielle » des comptes, appuyée par la lecture de la chambre régionale des comptes

Face à ce récit d’une trajectoire maîtrisée, l’opposition municipale conteste la présentation des chiffres. Candidat de l’union de la gauche - hors LFI - aux municipales de 2026, Clément Mugnier s’appuie sur un récent rapport de la chambre régionale des comptes pour nuancer le bilan. « L’encours de dette atteint 86 millions d’euros fin 2024, soit près de 1 900 euros par habitant, un niveau nettement supérieur à la moyenne des villes comparables », avance-t-il. Ce dernier pointe également une capacité de désendettement de 16,7 ans et une rigidité structurelle des dépenses estimée à 68 %, « des indicateurs qui traduisent des marges de manœuvre plus que contraintes ».
Selon le candidat de l’opposition, la hausse réelle atteindrait en réalité 13 %, et non 3 % comme l’affirme la majorité. Il estime que cette comparaison repose sur des périmètres budgétaires différents selon les années, ce qui fausserait l’analyse. « Quand on compare des budgets comparables, la dette par habitant et la dette brute progressent plus vite qu’ailleurs, alors même que l’ensemble des communes de France, dont Chalon, ont profité des transferts de compétences aux agglomérations pour assainir leurs comptes », affirme-t-il. Clément Mugnier souligne par ailleurs que ces transferts de compétences auraient dû permettre à la collectivité de dégager près de 4 millions d’euros d’économies par an, ce qui rend, selon lui, la progression constatée d’autant plus préoccupante.
Le candidat de l’union de la gauche plaide pour une réduction ciblée des dépenses de fonctionnement - cabinet, communication, frais de représentation - et pour un recours accru aux cofinancements (intercommunalité, Région, État, ANRU) afin de limiter le recours à l’emprunt. « Il ne s’agit en aucun cas d’augmenter les impôts, mais de restaurer progressivement notre capacité d’autofinancement pour éviter un effet ciseau entre charges fixes et nouveaux investissements », conclut-il.

Amandine Ibled

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