Municipales : Nîmes, un bastion historique des Républicains en sursis

À Nîmes, la droite gaulliste est aux commandes depuis 2001.
LTD/GABRIEL BOUYS / AFP

À Nîmes, la droite gaulliste est aux commandes depuis 2001.
LTD/GABRIEL BOUYS / AFP
Avec quelque 150 000 habitants, c'est la plus grande ville tenue par Les Républicains, mais les 92 000 électeurs de Nîmes (Gard) pourraient bien faire le choix de faire tomber dans les mains d'un autre parti après les 25 ans de règne de Jean-Paul Fournier (80 ans) qui, fatigué, ne brigue pas de cinquième mandat.
Les trois derniers sondages commandés par la presse locale auprès de différents instituts donnent tous la même tendance avec en tête une gauche unie (hors LFI) emmenée par le communiste Vincent Bouget ; le RN, tracté par le député européen et porte-parole du RN Julien Sanchez, en seconde position ; suivis de Franck Proust, candidat LR et de son ancien allié Julien Plantier, désormais associé à une liste soutenue par Renaissance.
Ce dernier, premier adjoint au maire de Nîmes il y a encore un an est tombé en disgrâce dès lors qu'il a affirmé sa volonté de se présenter. Entre les anciens alliés, les mots ont été durs, trop pour certains... mais dans un souci de voir leur camp l'emporter, de bonnes âmes oeuvrent en coulisses pour un rapprochement entre les anciens alliés.
« Si on veut encore avoir une petite chance de gagner, il faut s'unir au soir du premier tour. Plantier et Proust ont travaillé ensemble pendant 18 ans, il ne faut pas tout gâcher pour une question d'égo », estime un proche de Julien Plantier. Jusqu'à présent, Franck Proust a exclu toute alliance à l'issue du premier tour. Croix de bois, croix de fer, pour le second tour sa liste sera la même qu'au premier ! « Je ne crois pas au tripatouillage », a-t-il jusqu'ici répété à l'envi. Ses soutiens sont moins convaincus. « Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. Notre intérêt, c'est dimanche soir de nous mettre autour d'une table », pose auprès de La Tribune le sénateur Laurent Burgoa (LR), soutien de Franck Proust.
« Si nous ne sommes pas unis, nous allons nous écrouler au second tour. Et si beaucoup prédisent une victoire de la gauche, je crains tout autant une victoire du RN qui bénéficierait d'un report d'une grande partie des voix de l'électorat de Proust ; et dans une moindre mesure de Plantier dont une part de l'électorat ira plutôt vers Bouget », poursuit le sénateur qui, à titre personnel, a toujours clamé un refus clair de toute forme de rapprochement avec le Rassemblement national.
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De cette guerre des droites Julien Sanchez reste spectateur... Sans réellement faire campagne (toutes les boîtes aux lettres n'ont pas reçu de tract), en invitant simplement son leader Jordan Bardella pour un triomphal meeting le 3 mars, l'ancien maire de Beaucaire (2015-2025) compte les points... et les engrange petit à petit au gré des enquêtes d'opinion. Placée en tête, la gauche elle, conserve son avance, faisant campagne dans certains quartiers dont elle estime qu'ils ont été délaissés par la majorité sortante.
Mais à quatre jours du scrutin, c'est bien dans un bar du centre-ville que Vincent Bouget donne rendez-vous pour une ultime conférence de presse d'avant premier tour. Entouré de ses soutiens, le candidat se projette au début du mois d'avril et aux cent premiers jours d'un mandat qu'il convoite depuis des années. « Nous voyons naître le désir de changement dans le témoignage des Nîmois. » Lucide, Vincent Bouget a aussi remarqué que mardi, devant les écoles, les parents lui parlait davantage du prix du carburant que de l'état des trottoirs. Une thématique nationale sur laquelle le RN localement campagne.