Peio Etxeleku, du meilleur fromage français à l’écharpe de maire de Cambo-les-Bains

Peio Etxeleku est candidat aux élections municipales de mars 2026 à Cambo-les-Bains
LTD/DR

Peio Etxeleku est candidat aux élections municipales de mars 2026 à Cambo-les-Bains
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« Je ne sais pas quel sera le résultat, mais au moins on se serait amusé ! », lance Peio Etxeleku à ses trois colistières venues tracter en ce vendredi matin. De l’entrée du marché de Cambo-les-Bains, ils ont vue sur l’objectif : la mairie de cette petite ville (7000 habitants), située à une vingtaine de kilomètres de Bayonne, qu’ils comptent conquérir. « Originaire de Saint-Jean-le-Vieux, près de Saint-Jean-Pied-de-Port, j’habite ici depuis une vingtaine d’années, car on s’y sent bien. Surtout, c’est entre la côte où je vais régulièrement et notre siège à Hélette », explique ce dirigeant d’entreprise de métier.
Son entreprise familiale Agour, dont le nom signifie « bonjour » en basque, est avant tout producteur de fromages, une quarantaine en tout vendus aux quatre coins du globe, dont le principal est le fromage de brebis AOP Ossau-Iraty. « Le nôtre a été sacré meilleur fromage français lors des World Cheese Awards de 2024 », précise, avec fierté, Peio Etxeleku, à la tête de plus de 600 salariés désormais, après avoir orchestré, depuis 2001, une forte diversification. Dans l’agroalimentaire tout d’abord, l’offre allant du jambon de Bayonne, aux gâteaux basques, glaces et même les chocolats. Agour a en effet acquis en 2024 L’Atelier du Chocolat, l’une des maisons historiques de Bayonne, surnommée la capitale du chocolat, qui compte une trentaine de magasins. L’ETI, qui ne dévoile pas son chiffre d’affaires, vient également de renforcer sa présence dans la construction - les charpentes métalliques pour les entrepôts ou encore les bergeries- en rachetant le gersois Troisel.
A 51 ans, Peio Etxeleku voit beaucoup de similarités entre son engagement politique et sa vie professionnelle. Le premier, il l’a commencé à 24 ans comme adhérent au parti nationaliste basque puis poursuivi, en 2020, au sein de l’équipe du maire sortant Christian Devèze (sans étiquette). Le second est déjà marqué par plusieurs engagements collectifs, au sein de la CCI, de la Confrérie du jambon de Bayonne ou encore du récent groupement d’entreprises créé pour construire des logements pour leurs salariés.
« Un chef d’entreprise doit convaincre ses salariés pour rassembler. Je crois beaucoup en la force du collectif : notre liste citoyenne, sans étiquette, réunit des personnes de divers horizons partageant une vision pour notre territoire », compare ce père de cinq enfants. S’il remporte l’écharpe de maire, ce serait pour lui également un tremplin pour diffuser cette vision au sein de la communauté d’agglomération Pays basque, qui rassemble 158 communes et 33 000 habitants, dirigée par le maire de Bayonne Jean-René Etchegaray.
« Il y a trop d’incohérences dans la gestion publique. On peut et on doit l’optimiser en passant à un modèle plus frugal, plus décentralisé », estime-t-il. Une vision qui est aussi caractérisée par la volonté de construire des liens plus étroits avec le Pays basque espagnol rappelle celui qui dirige par ailleurs, côté français, le parti EAJ-PNB, actuellement au pouvoir du gouvernement basque. « Je n’aime pas dire de l’autre côté de la frontière, car pour moi elle n’existe pas. Nous sommes profondément pro-européens », affirme Peio Etxeleku, déterminé à franchir avec son équipe le 22 mars prochain « un roc, un pic, un cap », pour reprendre la phrase la plus célèbre de Cyrano de Bergerac. La maison de son auteur Edmond Rostand, le musée La Vila Arnage, se trouve justement à Cambo-les-Bains.
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