La droite reprend Bordeaux avec la victoire du macroniste Thomas Cazenave

Pierre Cheminade, avec Manon Latour

Thomas Cazenave, victorieux des municipales à Bordeaux, à la sortie de son local de campagne.
SEBASTIEN ORTOLA

Pierre Cheminade, avec Manon Latour

Thomas Cazenave, victorieux des municipales à Bordeaux, à la sortie de son local de campagne.
SEBASTIEN ORTOLA
L’attente aura été longue à Bordeaux avant que la victoire de Thomas Cazenave ne se dessine définitivement. Les résultats sont finalement tombés à 22h15 : le candidat macroniste l’emporte avec 50,95 % contre 49,05 % au maire sortant écologiste Pierre Hurmic. Ce dernier a reconnu sa défaite et félicité son adversaire lors d’une très courte prise de parole dans les salons de la mairie.
Avec une participation de 56,8 %, en retrait de 1,3 point par rapport au premier tour, la ville a basculé avec un écart de 1 827 bulletins entre les deux hommes.
« Je serai le maire de toutes les Bordelaises et tous les Bordelais. Ce résultat nous oblige, avec humilité et responsabilité », a déclaré le député macroniste de Gironde, désormais maire de Bordeaux, devant une centaine de militants réunis à sa permanence de campagne. « Nous devons être à la hauteur, nous sommes prêts et nous serons au travail dès demain. Et il y a beaucoup de travail », a-t-il ajouté avant de rendre hommage à ses prédécesseurs Alain Juppé, Hugues Martin et Nicolas Florian, décédé l’an dernier.

À la tête d’une large union de la droite et du centre, Thomas Cazenave a mené une campagne centrée notamment sur la sécurité, la place de la voiture, le commerce, l’attractivité économique et le rayonnement de Bordeaux, tirant à boulets rouges sur le bilan de Pierre Hurmic.
Élu lors de la vague verte des municipales de 2020, l’avocat écologiste de 70 ans n’aura pas réussi à transformer l’essai en décrochant un deuxième mandat. « On n'a pas su mobiliser suffisamment les abstentionnistes alors qu'ils ont fait le plein en face. Il nous a manqué 2 000 voix », regrette un colistier du maire sortant.
À 48 ans, Thomas Cazenave referme donc une parenthèse de gauche de six ans dans une ville qui a été un bastion historique de la droite avec Jacques Chaban-Delmas puis Alain Juppé pendant 73 ans. Diplômé de Sciences Po et de l’ENA (promotion 2007, République), Thomas Cazenave est proche d’Emmanuel Macron, dont il a été le directeur de cabinet adjoint au ministère des Finances en 2016 avant de devenir secrétaire général adjoint de François Hollande à l’Élysée de fin 2016 à juin 2017.
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Ce haut fonctionnaire est également passé par Orange puis par Pôle emploi, devenu France Travail, de 2012 à 2016 avant de devenir délégué interministériel à la transformation publique de 2017 à 2019.
C’est à Bordeaux qu’il se lance en politique en 2020 lors des élections municipales en déboulant avec l’étiquette macroniste, semant la division à droite et au centre. Arrivé 3ᵉ derrière le maire sortant Nicolas Florian, avec qui il fusionne en vain au second tour, il assiste à la victoire de l’écologiste Pierre Hurmic.
Pendant six ans, il ferraille dans son propre groupe d’opposition à la ville comme à la métropole. Il est élu député Renaissance de Gironde en 2022 et en 2024 et est ministre des Comptes publics de 2023 à 2024.
Dès février 2025, Thomas Cazenave est le premier à se lancer dans la course à la mairie, appelant déjà à une union large à droite et au centre. Un travail de rassemblement de longue haleine qui aboutira fin décembre lorsqu’il prendra définitivement la main face à Nathalie Delattre. Il bénéficie ensuite du retrait surprise du troisième homme, Philippe Dessertine, qui avait obtenu 20 % au premier tour.
Celui qui avait perturbé l’élection de 2020 se retrouve donc paradoxalement à la tête des élus LR, Modem, Horizons et Parti radical alors même qu’il a siégé dans un groupe différent depuis 2020. Une véritable OPA sur le centre et la droite bordelaise qui s’est avérée payante.
Thomas Cazenave ne s’en est jamais caché, il sera le candidat de la droite et du centre à la présidence de Bordeaux Métropole qui, avec le poids des élus bordelais, basculera à son tour. « Je veux remettre Bordeaux au centre de la Métropole, lui redonner de la force et de l’ambition », a-t-il réaffirmé dès dimanche soir avant d'aller fêter son élection place de la Victoire, en plein centre-ville.
Pierre Cheminade, avec Manon Latour