La veille de ces élections municipales de 2026, Jean-Philippe Tanguy se sentait dans le brouillard. Le bon accueil réservé au Rassemblement national sur le terrain serait-il douché par le désintérêt démocratique global des Français ? « Aux régionales de 2021, on savait que les résultats seraient très mauvais, glissait samedi le député frontiste de la Somme, proche de Marine Le Pen. Là, je n’ai aucune idée de ce que ça va donner. » À chaud, ce dimanche 15 mars, on peut d’ores et déjà considérer que le RN réalise une importante progression sur l’ensemble du territoire, même s’il reste à la peine dans les très grandes villes.
Le premier objectif du parti d’extrême droite était de confirmer son ancrage dans les communes où il avait son drapeau déjà planté depuis les précédents scrutins. C’est chose faite : à Perpignan, à Beaucaire, à Hayange, à Hénin-Beaumont ou à Bruay-la-Buissière, les maires sortants lepénistes ont été réélus dès ce soir. Idem à Fréjus, où David Rachline, récemment exfiltré de la direction du Rassemblement national en raison de ses démêlés avec la justice, mais qui reste un compagnon de route emblématique du mouvement, a recueilli 51,3 % des suffrages exprimés. À ces confirmations, certaines d’entre elles engrangées avec des scores de maréchaux, s’ajoutent de nouvelles prises. Nicolas Meizonnet et Bryan Masson, qui figurent parmi les trente-sept députés RN à avoir brigué la mairie d’une commune, l’ont emporté respectivement à Vauvert (Gard), 11 800 habitants, et à Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes), 54 800 habitants.