À Bordeaux, Hurmic et Cazenave au coude-à-coude avant une triangulaire avec Dessertine

Pierre Hurmic, le maire écologiste de Bordeaux, le 15 mars 2026, à l'issue du premier tour des élections municipales.
SEBASTIEN ORTOLA

Pierre Hurmic, le maire écologiste de Bordeaux, le 15 mars 2026, à l'issue du premier tour des élections municipales.
SEBASTIEN ORTOLA
Pierre Hurmic, le maire sortant, arrive bel et bien en tête du premier tour des élections municipales à Bordeaux. Mais avec seulement 27,7 % des suffrages exprimés, selon les résultats définitifs, il est à presque 7 points de moins que son score du premier tour de 2020.
À la tête d’une liste EELV, PS, PCF, le maire écologiste voit donc son électorat s’effriter alors même que les électeurs bordelais se sont largement déplacés aux urnes. La participation s’élève à 58,1 %, soit près de vingt points de plus qu’en 2020 mais aussi trois points de plus qu’en 2014.
« Notre liste est en tête malgré un contexte difficile de dégagisme et d’écolobashing. Beaucoup d’électeurs se retrouvent dans la trajectoire que nous avons initiée depuis 2020 », a cependant réagi Pierre Hurmic, lors d’une très courte déclaration à la mairie.
Mais cela reste une contre-performance pour l’écologiste au regard de son score de 2020 comme des sondages publiés ces dernières semaines. D’autant que Pierre Hurmic se retrouve littéralement talonné par Thomas Cazenave, tout proche avec 25,6 % pour sa liste d’alliance de la droite et du centre (Renaissance, LR, Horizons, Modem, PR). Seulement deux points séparent donc les deux hommes.
« C’est un véritable désaveu pour Pierre Hurmic. Les électeurs bordelais veulent changer de maire », a-t-il attaqué dès dimanche soir. « L’alternance est possible et je suis le mieux placé pour l’emporter. »
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L’ancien ministre des Comptes publics s’arroge en effet la deuxième place mais il ne possède paradoxalement que cinq points d’avance sur Philippe Dessertine. Ce dernier, étiqueté divers centre et arrivé dans l'arène politique en septembre dernier, crée la surprise en réunissant 20,1 % des voix. S’il n’est pas parvenu à bousculer l’ordre d’arrivée, l’économiste a réussi en quelques mois à convaincre un votant sur cinq, notamment en jouant la carte anti-macroniste.
À gauche, la liste LFI menée par Nordine Raymond obtient seulement 9,4 % et n’est donc pas en mesure de se maintenir au second tour. Il y aura donc, comme en 2020, une triangulaire à Bordeaux dimanche 22 mars.
Car, de fait, l’union face à la liste de Pierre Hurmic semble plus que jamais difficile à concrétiser malgré le nouvel appel très direct de Thomas Cazenave : « Je lance un appel solennel à Philippe Dessertine, et à tous les électeurs qui souhaitent l’alternance, à se rassembler et à voter pour l’alternance, je suis le mieux placé pour l’emporter […] Philippe Dessertine a une responsabilité. Notre rapprochement est possible et naturel. »
Une hypothèse repoussée par Philippe Dessertine depuis des mois et à nouveau clairement exclue ce dimanche soir à l’issue du premier tour. « Il faut que ce soit bien clair, il n’y aura aucune alliance ! […] La seule manière de penser l’alternance, c’est de ne pas passer par la logique macroniste. Il est temps de proposer quelque chose de nouveau », a-t-il clamé. « Thomas Cazenave ne sera pas maire de Bordeaux », avait-il également affirmé le 10 mars.

Et c’est finalement cette configuration qui pourrait bénéficier à Pierre Hurmic, qui n’a pas manqué de le rappeler aux électeurs des six autres listes de gauche et d’extrême gauche non qualifiés au second tour qui totalisent 17,8 % de suffrages : « Le 22 mars, je serai le seul candidat à porter un projet de gauche. J’appelle tous les électeurs à voter pour faire barrage à la droite », a lancé le maire écologiste.
Contrairement à 2020, les négociations d’entre-deux-tours entre appareils politiques devraient donc être plutôt calmes et laisser toute leur place aux derniers jours de campagne électorale.
Les résultats complets à Bordeaux :