La fusion annoncée par Johanna Rolland avec les Insoumis bouleverse la campagne nantaise et provoque des remous jusque dans sa propre majorité. Face à elle, Foulques Chombart de Lauwe dénonce un « choix cynique » et tente de capitaliser sur une droite en pleine dynamique dans la métropole.À cinq jours du scrutin du second tour des élections municipales, la scène politique nantaise est secouée par l’accord de fusion conclu entre Johanna Rolland (PS) et la liste de La Nouvelle Nantes, portée par LFI qui a obtenu 11,20 % des voix au premier tour. La maire sortante assume « un choix de raison » pour éviter qu’« une droite superposée à l’extrême droite » ne s’empare de la ville, tout en martelant que « l’heure est à la mobilisation générale ». Un leitmotiv répété à plusieurs reprises lors de sa conférence de presse, ce 17 mars dans la cité des ducs.
La maire sortante défend une « fusion démocratique », en précisant que les futurs élus LFI « siégeront dans l’opposition » si sa liste l’emporte. L’objectif, dit-elle, est de préserver les valeurs de justice sociale, d’écologie populaire et de solidarité au cœur de son projet, rappelant que sa liste est arrivée en tête au premier tour avec 35,24% des voix.
Mais cet accord ne fait pas l’unanimité à gauche. Son premier adjoint, Bassem Asseh, a annoncé son départ de la liste. Une décision saluée ironiquement par le candidat de droite Foulques Chombart de Lauwe qui y voit « une demi-clarification » et invite Bassem Asseh à « aller au bout de sa logique » plutôt que de continuer à appeler à voter pour la maire sortante.
La droite dénonce un « choix cynique »
Face à ce rapprochement avec LFI, le concurrent de droite (33,77% des voix) hausse le ton. Foulques Chombart de Lauwe parle d’une « alliance de la honte », d’un « choix cynique » destiné selon lui uniquement à « se maintenir au pouvoir » et accuse Johanna Rolland d’avoir « franchi la ligne rouge » que d’autres maires socialistes, ailleurs en France, n’auraient pas transgressée. Il estime que cette fusion « renie les valeurs » de la gauche traditionnelle et qu’elle « abîmera profondément Nantes ».