François Piquemal, le candidat LFI, n’entend pas se démarquer de Jean-Luc Mélenchon. Au risque d’une triangulaire au second tour.Ça se tutoie, ça se parle avec le cœur, ça se dit les choses franchement, dans la gauche toulousaine. « Mais toujours avec respect », précise un élu. Socialistes, Écologistes, Insoumis, communistes… Dans la Ville rose, terre du grand Jaurès, tout le monde se connaît au-delà des étiquettes, et pour beaucoup depuis longtemps. Alors, quand François Piquemal, la tête de liste LFI aux élections municipales, ne prend pas ses distances avec Jean-Luc Mélenchon malgré les nombreuses polémiques, certains haussent le ton.
« Merde, François ! l’interpelle encore Sébastien Vincini, le président PS du conseil départemental de la Haute-Garonne. Tu veux vraiment changer Toulouse ou soutenir les dérapages antisémites de Jean-Luc Mélenchon ? Ce n’est pas possible que tu laisses passer des choses comme ça. »
Sous la pluie qui assombrit les briques en terre cuite des rues du centre-ville, le candidat socialiste François Briançon explique, en attendant, que « les conditions ne sont pas réunies » pour envisager des négociations en vue d’une fusion pour le second tour. « C’est à François Piquemal de créer les conditions du rassemblement », pose-t-il pour inciter son concurrent Insoumis à se désolidariser des outrances de l’ex-candidat à la présidentielle.
La fusion était envisageable
Peine perdue. En marge d’un marché populaire du Grand Mirail, François Piquemal prévient qu’il ne compte pas entrer dans « le jeu » de ses adversaires. « De mon côté, je pourrais très bien demander à François Briançon de clarifier sa position sur le mandat de François Hollande, sur les décisions du PS à l’Assemblée nationale sur le budget, lance la tête de liste de LFI. Mais il faut prendre de la hauteur. Dans les moments de l’Histoire où la droite pouvait l’emporter, la gauche s’est toujours rassemblée. Il faut revenir à la raison. » D’autant que sur le terrain, raconte le candidat, le problème n’existe pas : « Les gens me parlent du logement, de la mobilité… Ce sont des sujets très terre à terre. »