À Besançon, union des droites contre union des gauches

Les électeurs de Besançon auront le choix entre la maire sortante Anne Vignot (Les écologistes) et Ludovic Fagaut (LR).
LTD/JEAN-CHARLES SEXE

Les électeurs de Besançon auront le choix entre la maire sortante Anne Vignot (Les écologistes) et Ludovic Fagaut (LR).
LTD/JEAN-CHARLES SEXE
À six mois des élections municipales, Besançon se prépare à une bataille électorale frémissante où deux visions s’affrontent. D’un côté, Anne Vignot (EELV-PS), la maire sortante appelle à une union des gauches. De l’autre, Ludovic Fagaut (LR), chef de file de l’opposition, revendique « un rassemblement large » pour redresser une ville, selon lui, en déclin.
Le climat politique à Besançon n’est pas sans turbulence. Les critiques du mandat actuel s’accumulent concernant notamment la gestion de la sécurité, la qualité de vie, et l’économie. Ludovic Fagaut, battu en 2020 de seulement quelques centaines de voix, compte prendre sa revanche. Le candidat LR dénonce « une politique écologiste punitive » et insiste sur les défis persistants, notamment la montée du narcotrafic et une incivilité de plus en plus palpable dans certaines zones de la ville.
Le principal de collège de profession investi par Les Républicains, décrit un environnement préoccupant pour cette ville de 120.000 habitants, évoquant une « montée croissante des trafics et des incivilités », ainsi qu’une « mendicité agressive » qui, selon lui, dissuade les visiteurs de fréquenter le centre-ville. Anne Vignot, de son côté, souligne que les statistiques du ministère de l’intérieur sur la criminalité montrent au contraire que, en dehors du narcotrafic, « sur toutes les autres formes d’insécurité sur la ville de Besançon, nous sommes en diminution des actes qui sont commis dans la ville. »
L’opposition a qualifié la ville de « bunkérisée », fustigeant des aménagements urbains qui pénaliseraient la circulation automobile. « On a souvent des pistes cyclables qui viennent empiéter sur les voies automobiles où vous n’avez pas un cycliste », constate Ludovic Fagaut. Ce dernier reconnaît l’importance de favoriser les déplacements durables, mais critique la mise en œuvre jugée désordonnée et inefficace des aménagements urbains.
Côté bilan, depuis son élection, Anne Vignot a investi près de 10 millions d’euros par an dans le projet de modernisation des écoles, englobant la rénovation de plusieurs établissements et la mise en œuvre d’un programme éducatif ambitieux. Cette attention particulière sur l’éducation s’est traduite par la réhabilitation d’au moins 12 écoles sur 53 au cours des sept dernières années. Une mesure positive, également reconnue par l’opposition, qui pointe toutefois, le côté urgent de ces rénovations qui avaient traîné sous les précédents mandats.
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En parallèle, le nombre d’agents municipaux a fortement augmenté. Près de 500 nouveaux postes ont été créés, pour un budget de 20 millions d’euros supplémentaire destiné à la masse salariale durant le mandat. L’opposition dénonce une gabegie financière qui a fait la Une des journaux récemment : « Des statues à 130.000 euros qu’on fait fondre à l’étranger en Bulgarie, avec des voies qu’on aménage dans un sens mais qu’on déconstruit pour les réaménager dans l’autre quelque temps plus tard et tout cela coûte 350.000 euros à la collectivité. »
La dynamique des municipales de 2026 semble également indiquer une fragmentation grandissante, où des alliances traditionnelles pourraient être mises à mal. Ludovic Fagaut appelle à un large rassemblement des droites et du centre. Toutefois, concernant l’éventuelle inclusion du Rassemblement National dans sa coalition, Ludovic Fagaut a été ferme : « J’affirme mon engagement envers une droite humaniste ouverte, en délimitant clairement les frontières de mon appel à l’union. Pourtant, cette coalition est-elle vraiment réalisable ? L’histoire récente a montré que les clivages peuvent être tenaces, et l’union souhaitée par Ludovic Fagaut pourrait se heurter à des ambitions personnelles au sein de son propre camp.
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La bataille pour Besançon s’annonce aussi complexe qu’animée. Les enjeux de sécurité, d’éducation, et de transformation urbaine sont sur le devant de la scène, et chaque camp devra articuler des propositions concrètes et convaincantes. Les Bisontins attendent des réponses claires à leurs préoccupations, et le succès de ces candidats dépendra de leur capacité à naviguer dans ce paysage politique turbulent.