Alors que l’État serre la vis en matière de logements sociaux, le maire d’Allauch dénonce la pression « déraisonnable » de la loi SRU. Dans cette ville des collines marseillaises, où 80% du territoire est constitué d’espaces naturels, l’élu dit vouloir défendre le cadre de vie de ses administrés et appelle le gouvernement à faire preuve de « bon sens », à l’approche des municipales.Située sur les hauteurs de Marseille, Allauch (20.000 habitants) conjugue attractivité résidentielle et fortes contraintes foncières. Son maire, Lionel de Cala (divers droite), fait face à une double pression : celle de la loi SRU, qui impose 25% de logements sociaux — alors que la commune n’en compte que 7,47% — et celle d’une population attachée à la préservation de son cadre de vie.
Chaque année, ce sont 1,2 millions d'euros de sanctions financières qui pèsent sur la commune. Une « hérésie » pour l'édile, qui plaide pour une refonte profonde de la politique nationale du logement social.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Vous avez récemment contesté une préemption préfectorale pour des logements sociaux. Concrètement, à Allauch, quelle est la situation ?
LIONEL DE CALA — Mon objectif depuis 2020 est de préserver le cadre de vie de ma ville. C’est une commune très résidentielle, avec 80% de son territoire classé en espaces naturels, agricoles ou à risque. J’ai hérité d’un déficit important en logements sociaux : nous en sommes aujourd'hui à 7,47%. Ce chiffre a légèrement progressé, mais nous restons très en dessous des objectifs de la loi. Ce que je reproche aux services de l'État, c'est d'être dans une logique purement comptable. On nous demande de construire des barres d’immeubles sans tenir compte de la réalité de la commune ni des souhaits des habitants. Je refuse de faire du logement social à n'importe quel prix.
Qu’est-ce qui empêche, aujourd’hui, une ville moyenne comme la vôtre d’atteindre les objectifs SRU ?
Pour respecter la loi, il faudrait construire du jour au lendemain environ 1800 logements supplémentaires. Cela représenterait 4500 habitants de plus, sans que nos infrastructures, nos écoles ou nos routes puissent suivre. Ce serait mécaniquement une dégradation de la qualité de vie pour tous. Nous devons d’abord rénover l’habitat ancien, conformément à la loi ZAN (Zéro artificialisation nette). C’est ce que nous faisons, mais cela demande beaucoup de moyens pour des résultats modestes.