LA TRIBUNE DIMANCHE — Cinq ans après votre élection,vous, écologistes, qui prôniez une politique de sécurité axée sur la prévention, avez-vous fait évoluer votre philosophie ?
PIERRE HURMIC — Il faut sortir du cliché selon lequel les élus de droite seraient soucieux de la sécurité et ceux de gauche seraient idéologues et laxistes. Ce vieux schéma manichéen ne recoupe absolument pas les réalités de terrain. Ce qui nous distingue, nous élus de gauche, c'est que nous disons qu'une politique efficace de sécurité doit reposer sur deux jambes, la prévention et la répression. Il faut trouver un équilibre entre ces deux nécessités. Nos concitoyens ont droit à la sécurité. C'est un service de proximité, une liberté fondamentale. Mais cette question est d'une grande complexité et ne peut pas se cantonner à des réponses simplistes, comme le tout-répressif ou le tout-préventif.
GRÉGORY DOUCET — Beaucoup d'élus de droite et une partie des médias conservateurs s'engagent plutôt dans une bataille sémantique, en répétant à l'envi que nous, la gauche et les écologistes, ne nous intéressons pas aux questions de sécurité. Ce qui est important en la matière, ce sont les résultats. Souvenez-vous des grands discours de Nicolas Sarkozy. Il a fait disparaître 10 000 policiers nationaux. Ça, je n'en veux pas. C'est la vie des gens qui m'importe, pas le blabla. Ceux qui nous accusent d'angélisme sont totalement à côté de la plaque. Il se trouve aussi que j'ai grandi en banlieue. Je sais ce qu'est la sécurité du quotidien pour les habitants, et c'est une priorité pour moi. En revanche, je ne hurle pas, je ne donne pas de coups de menton, je ne fais pas semblant de m'occuper d'un sujet à coups d'annonces pour finalement ne pas passer aux actes.