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OPINION. « Pourquoi moi, ex-LR, je soutiens François Hollande pour 2027 », par Stéphane Jacquot

Photo de La Tribune Dimanche - Rédaction

Par Stéphane Jacquot*

Publié le 14 mai 2026 à 14:16

Stéphane Jacquot, maire-adjoint de Châtillon (Hauts-de-Seine).

Stéphane Jacquot, maire-adjoint de Châtillon (Hauts-de-Seine).

DR

La Tribune Dimanche

N143 ● 28 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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Ancien secrétaire national des Républicains, l'adjoint à la maire socialiste de Châtillon (Hauts-de-Seine) voit en l'ex-président le seul candidat « capable de parler à la France populaire comme à la France qui entreprend, aux électeurs de gauche comme à ceux de la droite républicaine ».

J’ai été secrétaire national des Républicains (LR). J’ai quitté ce parti en 2015, en désaccord avec la dérive des discours. En 2017, j’ai eu la tentation Macron, convaincu que le pays avait besoin de dépasser les clivages pour se réformer. Sans étiquette aujourd’hui, je suis maire adjoint dans une municipalité de gauche. Je sers mes concitoyens, pas une chapelle.

De parents militants de gauche, je suis passé progressivement de la droite centriste à la gauche. Je l’assume pleinement. Ce n’est pas moi qui ai changé de valeurs. C’est mon regard sur l’état de la société qui a changé. Comme élu local, je vois chaque jour les fractures. J’ai compris que l’ordre sans la justice est intenable. Que l’autorité sans l’égalité est impuissante.

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Hollande et les contre-exemples Giscard et Sarkozy

La droite républicaine que j’ai connue défendait l’ordre pour garantir la liberté. Aujourd’hui, je constate que sans justice sociale, il n’y a plus d’ordre possible, plus de République apaisée. C’est ce constat né du terrain qui m’a fait bouger. Je n’ai pas trahi mes convictions : je les ai approfondies. À un an de l’élection présidentielle, c’est de cette position que j’affirme : François Hollande est l’homme dont la France a besoin pour 2027.

L’expérience contre l’aventure aux ambitions personnelles  

Conflits internationaux, crise démocratique, défi climatique, sentiment d’abandon : dans cette tempête, on ne s’improvise pas président. La France a besoin d’un chef qui connaît l’État. François Hollande l’a exercé. Il sait le prix de la décision. Cette expérience n’est pas un argument d’ancienneté : c’est une garantie de sang-froid.

En ces temps contrariés, dans un environnement de plus en plus anxiogène, tant sur le plan national qu’international, François Hollande, de par son expérience, ses connaissances des dossiers et des rouages de l’État, et de sa pratique des grands chefs d’État de la planète qui étaient déjà présents lorsqu’il était président, rassure.

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L’urgence d’une justice plus sociale  

Je vois chaque jour des familles qui renoncent à des soins, des retraités qui comptent chaque euro, des jeunes qui ne croient plus à l’ascenseur social. Le pays craque parce que le sentiment d’injustice est devenu insupportable. Il nous faut une justice plus sociale.

Cela veut dire : faire de l’éducation une priorité nationale et lutter contre les fermetures d’écoles qui vident nos villages et nos quartiers. Refuser que l’école reproduise les inégalités dès la maternelle. Refuser que l’accès au logement ou à l’hôpital soit différent selon les territoires. Refuser que le travail ne paie plus, pendant que la rente prospère. Refuser l’insécurité qui mine les quartiers et le quotidien des plus modestes. La ligne portée par François Hollande est claire : réconcilier la République sociale et la République de l’ordre. Pas l’un sans l’autre. Protéger les Français et réduire les inégalités. C’est cette boussole dont nous avons besoin.

Le seul rempart crédible face à l’extrême droite  

Soyons lucides : en 2027, le risque de voir l’extrême droite l’emporter n’a jamais été aussi élevé. La colère est là, l’impuissance aussi. Face à cela, ni l’aventure, ni la division, ni la pureté idéologique ne peuvent gagner. Il faudra rassembler largement, dès le premier tour. La France a besoin des valeurs de la social-démocratie, cette gauche de gouvernement héritière de Jaurès et de Mitterrand : une gauche qui assume l’autorité de l’État et la justice sociale, qui défend la laïcité sans transiger, qui croit à l’Europe et à la Nation, qui réforme sans casser.

L’heure est au rassemblement large, dès le premier tour, autour d’une figure capable de constituer un rempart crédible face à l’extrême droite.

Cette gauche-là a battu l’extrême droite hier. Elle seule peut la battre demain. François Hollande en est l’incarnation. Son retour, c’est la certitude d’avoir un candidat capable de parler à la France populaire comme à la France qui entreprend, aux électeurs de gauche comme à ceux de la droite républicaine.

Sortir des querelles d’appareils  

Le temps n’est plus aux « primaires » qui n’ont plus de sens, ni aux alliances contre-nature avec La France insoumise qui brouillent nos valeurs. Il s’agit de bâtir une candidature de la gauche réformiste et de gouvernement, capable de parler aussi bien à la France populaire qu’à la droite républicaine attachée à l’intérêt général.  

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« Le temps n’est pas à la candidature, il faut être patient » : François Hollande, le rendez-vous de l’automne

L’heure est au rassemblement large, dès le premier tour, autour d’une figure capable de constituer un rempart crédible face à l’extrême droite. Une association de soutien est déjà en place pour porter cette dynamique, prouvant que ce retour n’est pas une nostalgie, mais une préparation active pour l’avenir.

Un appel au sursaut  

Neuf ans plus tard, le constat s’impose : le « en même temps » a produit de l’impuissance. L’autorité de l’État s’est affaiblie, les services publics se sont dégradés, et le sentiment d’injustice sociale a explosé. La verticalité a remplacé l’écoute. Le pays est plus divisé qu’en 2017.

J’appelle ceux qui, comme moi, ont cru au dépassement en 2017 et constatent aujourd’hui l’explosion du sentiment d’injustice, à sortir du silence. En 2027, il ne s’agira pas de choisir un camp, mais de sauver la République par le courage et l’expérience. François Hollande incarne cette certitude. Je choisis de le soutenir parce que la France ne peut plus se payer le luxe de l’apprentissage ou de la division. Elle a besoin d’un président.

* Stéphane Jacquot est maire-adjoint de Châtillon (Hauts-de-Seine) et ex-secrétaire national Les Républicains.

Par Stéphane Jacquot*

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