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OPINION. « Haro sur les plateformes de services ? », par Sophie de Menthon, présidente-fondatrice d’ETHIC

Photo de La Tribune Dimanche - Rédaction

par Sophie de Menthon, présidente-fondatrice d’ETHIC

Publié le 01 mai 2026 à 16:42

Sophie de Menthon est présidente-fondatrice d'ETHIC.

Sophie de Menthon est présidente-fondatrice d'ETHIC.

LTD/ERIC FOUGERE

La Tribune Dimanche

N142 ● 21 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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Figure du monde patronale, Sophie de Menthon s’interroge et pointe les dérives des plateformes mais aussi les responsabilités des pouvoirs publics.

Les hauts cris poussés par le système entier pourtant complice de l’immigration clandestine, atteignent leur paroxysme ! Les derniers accusés sont Uber et Deliveroo, et les plateformes de toutes sortes. Mais vraiment ? Tous coupables ? Surtout personne !

D’abord, n’est-ce pas l’État qui persiste à se laisser envahir par des clandestins, auxquels on ne donnera des papiers que s’ils désobéissent suffisamment longtemps pour apporter des feuilles de vrais salaires déclarés, obtenus avec de vrais faux papiers… ? C’est ce qu’on appelle un État schizophrène qui interdit pour mieux encourager. Mais on ferme les yeux depuis si longtemps sur cette injonction contradictoire : 5 quinquennats que le mouvement patronal ETHIC dénonce en interpellant les plus hautes instances.

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Il y a les immigrés qui se font recruter par les entrepreneurs de la nouvelle société de consommation consistant à vendre des services de toutes sortes : taxis, livreurs, coursiers, etc. Certes, ces entreprises qui ont plus que pignon sur rue et qui ont une notoriété mondiale, exploitent le « modèle » social en recrutant mal et en payant peu… Les causes sont nombreuses et viennent de loin.

Facturer le produit, ou le service

Mais le pire est le problème caché, en plus des multinationales du « fast » n’importe quoi, qui emploient des personnes en les payant au minimum, il y a surtout les sous-traitants qui exploitent leurs compères et développent un business greffé sur celui de la plateforme. Clandestins, immigrés, sans-papiers, les plus talentueux se transforment en recruteurs, divisent les tâches et se font « sous-sous-traitants » pour faire travailler dans l’ombre leurs compatriotes de misère. Une véritable mafia ignorée ? ! Et ce serait donc le modèle des plateformes qui déraillerait ?

Il faut absolument que le consommateur accepte de payer un peu plus la livraison, c’est vrai... Mais surtout, que fait l’inspection du travail qui harcèle d’honnêtes PME pour des broutilles et qui sanctionne à tour de bras ceux qui n’ont quasiment rien à se reprocher ?

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Au nom de la saine concurrence, l’État a inventé et accepté le statut des taxis Uber par exemple, qui cassent les prix et font une concurrence totalement déloyale mais licite aux vrais taxis qui ont des obligations, paient des taxes, achètent leurs licences et enragent à juste titre. Ce n’est pas cela le libéralisme, ce n’est pas créer une distorsion artificielle de concurrence.

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Dans la situation actuelle, il n’y a pas besoin de changer les lois existantes pour trouver la solution au scandale qu’on fait semblant de découvrir régulièrement, il suffit juste de publier tous les ans un montant minimum, par exemple 70 % que le coursier (officiel) doit toucher (les 30 % restants allant à la plateforme) sur le prix de chaque course, en prenant le SMIC comme référence. En effet, il existe déjà un revenu horaire (ou mensuel) en France minimum (le SMIC) pour les salariés ; par ailleurs, une loi en Europe et en France interdit la vente à perte y compris pour les plateformes.

Ensuite, c’est à la plateforme de savoir ce qu’elle souhaite facturer au client, le produit ou le service ? La conséquence sera que les livraisons seront facturées un peu plus chères. Et surtout que les plateformes ne pourront plus se livrer à une surenchère du mieux-disant sur le dos des livreurs… Pendant quelques semaines, il y aura peut-être un peu moins de demandes de livraisons, mais le marché repartira comme avant, avec des coursiers mieux payés. L’intérêt en plus de cette formule, c’est que les contrôles sont faciles à effectuer : il suffit de contrôler la comptabilité des plateformes.

Reste cependant que cela ne règle pas le cœur du problème, c’est-à-dire les « sous-traitants des sous-traitants », des coursiers disposant de la licence de coursier octroyée par une plateforme qui sous-traite à des clandestins…

« Qui punir ? »

Pour autant, sanctionner cette sous-traitance, c’est forcément priver de travail les clandestins qui ont le mérite de travailler. Sans cela, on les renvoie aux seules activités illicites voire dangereuses pour se nourrir.

Et puis que faire ? Imaginons qu’avec une éthique retrouvée et une efficacité nouvelle, les contrôles empêchent cette exploitation d’êtres humains, on ne pourra pas se contenter de cacher la misère sous le tapis en les virant. Ces milliers d’immigrés auxquels on aura interdit de travailler pour d’excellentes raisons, que leur laisse-t-on pour survivre ?

La seule solution consisterait à les renvoyer dans leur pays : c’est impossible et tout le monde le sait, leurs pays n’en veulent pas, certains politiques au grand cœur s’y opposent, acceptant la misère mais chez nous, sous prétexte de l’humanisme bien connu de la gauche. Dernière idée en cours : s’en prendre aux clients, qui n’ont qu’à ne pas utiliser les services liés à cette exploitation humaine. Ah ! Bon ?

Quand je me fais livrer ma pizza, dois-je effectuer des contrôles ? Ou tout simplement boycotter ces entreprises ? Pourquoi pas ! Mais le résultat restera le même, que faire des clandestins empêchés de travailler ? On tourne en rond et personne ne prend le problème à bras-le-corps, on traite ceux qui refusent l’afflux d’étrangers trop nombreux et illégaux, d’immondes racistes. On nous accuse de ne pas savoir bien les accueillir.

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Alors qui punir ? Les multinationales ? Les clients ? Les entremetteurs (si on les pique) ? Les travailleurs clandestins eux-mêmes ? Il ne s’agit en aucun cas d’exempter les entreprises concernées de leurs responsabilités économiques… Mais alors ?

Quelques suggestions basiques : ne pas attendre pour supprimer le regroupement familial, réformer considérablement l’AME concernant les situations irrégulières (appel d’air), reprendre le contrôle de nos frontières, régulariser les travailleurs déjà employés avec un permis de travail le temps de leur contrat. Arrêtons de faire croire que ce n’est pas un problème dans l’état actuel des finances, et que tout se résoudra tout seul et qu’il suffit de temps en temps de s’indigner.

Le vrai responsable ne serait-il pas ce pouvoir qui nous entraîne par lâcheté depuis des années vers cette décadence ? Tout ce qu’on trouve à dire, c’est que ce sont des propos d’extrême droite ! La parole est aux politiques.

par Sophie de Menthon, présidente-fondatrice d’ETHIC

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