Les taxis et les VTC à l'assaut de Paris
latribune.fr

Les tensions croissantes entre taxis et VTC soulignent l’urgence d’un équilibre entre régulation et conditions de travail.
SARAH MEYSSONNIER
latribune.fr

Les tensions croissantes entre taxis et VTC soulignent l’urgence d’un équilibre entre régulation et conditions de travail.
SARAH MEYSSONNIER
Demain, mercredi, à l'aube, le bitume des aéroports d'Orly et de Roissy vibrera sous les pneus des taxis en colère. Direction Bercy à l'heure des bouchons matinaux, vers 9 heures-9h30. Dominique Buisson, secrétaire de la Fédération nationale des taxis, l'annonce d'mblée : ce sera un siège en bonne et due forme, avant de converger vers le ministère de l'Économie et des Finances.
L'enjeu ? Un bras de fer avec l'Assurance Maladie autour d'un nouveau système d'indemnisation du transport des malades, accusé de rogner sur les revenus d'une profession déjà fragilisée. Il prévoit une prise en charge de 13 euros par l'Assurance maladie, puis un tarif kilométrique, afin de dissuader les retours à vide ou les temps d'attente trop longs. L'objectif est de limiter la croissance des dépenses de transport sanitaire en taxi, qui ont augmenté de 45 % entre 2019 et 2024 pour atteindre un peu plus de 3 milliards d'euros.
Mais avant cela, dès aujourd'hui, les VTC se feront entendre dans les rues de Paris, Lyon, Bordeaux et Rennes. Leur cri de ralliement : un « moratoire sectoriel et le gel des examens VTC ». Union-Indépendants, voix de ces chauffeurs, dénonce les pratiques des plateformes, ces géants numériques qui « ont décidé d'organiser un afflux massif de nouveaux chauffeurs notamment par le subventionnement de formation à 20 euros. » Une stratégie qui, selon eux, a « créé un déséquilibre entre l'offre et la demande poussant chaque jour un peu plus leurs partenaires commerciaux dans la précarité ».
À lire également
Cette double mobilisation met en lumière les tensions croissantes entre taxis et VTC, exacerbées par des enjeux de concurrence et de régulation. Les taxis accusent les VTC de concurrence déloyale, tandis que les VTC dénoncent les pratiques des plateformes qui favorisent un afflux de nouveaux chauffeurs. Le gouvernement se retrouve ainsi face à un défi majeur : trouver un équilibre entre la nécessité de maîtriser les dépenses publiques et la volonté de garantir des conditions de travail décentes pour les professionnels du transport.
(Avec agences)
latribune.fr