Opinion. « Le gaullisme social n'est pas un souvenir mais une ressource pour la France », par Marie-Claire Carrère-Gée

La sénatrice LR de Paris Marie-Claire Carrère-Gée.
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La sénatrice LR de Paris Marie-Claire Carrère-Gée.
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Sénatrice, ancienne ministre [du gouvernement Barnier en 2024, NDLR] et ancienne conseillère sociale auprès du président Chirac, j’engage aujourd’hui une démarche de réflexion au sein d’un collectif intitulé « Sursaut », pour contribuer à l’élaboration d’un projet politique à la hauteur de ce que la France attend, mérite et est en droit d'espérer.
Le débat politique hésite entre deux façons très dangereuses de ne pas réfléchir : le déni de nos problèmes et la recherche de boucs émissaires. Il s’est à la fois éloigné du quotidien des Français et des ambitions de long terme pour la France. Il s’enferme dans le commentaire, dans l’instant, dans l'incapacité à décider et dans le petit jeu des tactiques personnelles, au profit des extrêmes.
Déficit, endettement, menaces sur la protection sociale et sur la cohésion nationale, délitement de l’autorité, perte d'influence internationale, désindustrialisation, démographie en berne, déclassement en matière de formation, déshérence des services publics et des infrastructures, ventes à la découpe de nos fleurons sont le résultat de plus d'une décennie de flottement et d'absence de stratégie affirmée pour la France. À la fracture sociale s'est superposée une fracture territoriale : maintenant, point une fracture nationale.
Pendant ce temps perdu, grandes puissances et petits États avancent et préparent un nouvel ordre mondial. C'est contre ce renoncement qui ne profite, au fond, qu’à ceux qui se satisfont que rien ne change ou aux extrêmes, que naît « Sursaut ».
Surtout, il est temps d'affirmer ce que nous sommes et ce que nous voulons devenir. Notre démarche procède d’une conviction profonde : rien n’est écrit d’avance. La France n’est pas condamnée au déclin. Elle dispose d'importants atouts pour rebondir et retrouver prospérité et cohésion ainsi que sa place dans le concert des nations. Mais à condition de retrouver ce qui, dans son histoire, lui a toujours permis de se relever : un collectif, une exigence, une volonté, une certaine idée d’elle-même.
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Le gaullisme social, dans ce qu’il a de plus vivant, incarne cet esprit. Non comme un souvenir, mais comme une ressource. L’énergie du sursaut lorsque tout semble vaciller. L’énergie de l’unité lorsque menace le poison de la division. L’énergie d’un progrès juste qui n’abandonne personne. L’énergie d’une fierté et d’une ambition françaises. L’énergie, enfin, de l’indépendance – énergétique, industrielle, alimentaire, technologique – sans laquelle il n’est ni liberté durable, ni puissance réelle.
Cet esprit ne divise pas, il relie. Il ne temporise pas, il exige. Il ne choisit pas entre l’efficience économique et la justice sociale : il les rend indissociables. Il ne renonce pas. Il ne se résigne pas aux rapports de force du monde : il y inscrit la voix de la France.
« Sursaut » ne mettra pas, dans le débat public ou via des propositions parlementaires, un catalogue de mesurettes de plus. La France n’a pas besoin d’une addition de complexités mais d’un cap clair, d’une cohérence retrouvée, d’une ambition assumée. Refaire nation, reprendre le contrôle du futur, protéger concrètement, garantir à chacun une vie digne dans un État qui tient debout et qui tient ses promesses : telles sont les lignes de force qui guideront cette réflexion.
Dans les mois qui viennent, cette démarche s’exprimera par des contributions, des prises de parole et des échanges destinés à nourrir le débat public et parlementaire, dans un esprit d’ouverture, d’exigence et de rassemblement, avec une seule ambition : être à la hauteur de ce moment.
Car il est des périodes où l’histoire hésite. Et où il revient aux femmes et aux hommes de décider s’ils accompagnent le mouvement, ou s’ils le provoquent. La France n’a pas besoin d’une simple alternance. Elle a besoin d’un cap. Elle a besoin d’un sursaut.
par Marie-Claire Carrère-Gée