OPINION. « On ne soigne pas la France en affaiblissant le thermalisme », par Franck Leroy, président (Horizons) de la région Grand Est

Franck Leroy est président du Conseil régional du Grand Est.
LTD / AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT

Franck Leroy est président du Conseil régional du Grand Est.
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Le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 prévoit une réduction du remboursement des cures thermales, y compris pour les patients les plus fragiles, ceux en affection longue durée jusqu’ici pris en charge à 100 %. Derrière cette mesure, présentée comme une simple optimisation budgétaire, se cache en réalité une décision lourde, injuste et aux conséquences profondes pour nos territoires.
Car les cures thermales ne sont pas un loisir, encore moins un privilège. Elles sont un acte de soins reconnu, prescrit médicalement, encadré par un protocole strict et dont l'efficacité thérapeutique est documentée : rhumatologie, affections respiratoires, réhabilitation post-cancer, troubles métaboliques… Chaque année, ce sont des milliers de patients dont la qualité de vie s’améliore grâce au thermalisme. Amputer leur prise en charge, c’est leur dire que leur santé n’a pas de prix — sauf celui, comptable, qui figure dans une ligne de budget.
Pourtant, les cures thermales représentent moins de 0,2 % des dépenses de l’Assurance Maladie : un grain de sable à l’échelle nationale, mais un pilier vital pour des centaines de milliers de personnes. Les économies affichées seraient d’ailleurs une illusion : en renonçant à un traitement naturel, non invasif et efficace, les patients se tourneraient vers des solutions plus lourdes et plus coûteuses. La mesure serait donc doublement contre-productive : inefficace médicalement, coûteuse économiquement.
Et dans le Grand Est, l’impact serait d’autant plus violent que notre région est riche de neuf stations thermales — Amnéville-les-Thermes, Bains-les-Bains, Bourbonne-les-Bains, Contrexéville, Morsbronn-les-Bains, Nancy Thermal, Niederbronn-les-Bains, Plombières-les-Bains et Vittel.
Chacune d’elles constitue bien plus qu’un établissement de soins : ce sont de véritables cœurs battants de nos territoires, des moteurs économiques, identitaires et touristiques. Là où certains ne voient qu’une cure, nous voyons un projet de territoire complet, construit avec les élus locaux, les entreprises, les hôteliers, les restaurateurs, les associations et l’ensemble des acteurs de terrain.
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Dans ces communes, la station thermale organise la vie locale, génère des emplois, attire des visiteurs, fait vivre des commerces. Le thermalisme, c’est de l’activité, mais c’est aussi du lien social, de la vitalité et de l’espoir pour des territoires souvent oubliés des grandes stratégies nationales.
Les élus locaux le disent avec force : fragiliser une station, c’est fragiliser tout un bassin de vie.
Cette réforme est non seulement injuste socialement et inefficace budgétairement, mais également dangereuse territorialement. Elle tourne le dos à un principe simple : la santé n’est pas une variable d’ajustement, pas plus que l’équilibre de nos communes rurales.
Nous appelons donc solennellement le gouvernement à renoncer à cette mesure. Nous demandons l’ouverture d’une concertation nationale réelle, associant les collectivités territoriales, les professionnels de santé et les acteurs du thermalisme, pour construire un modèle durable, innovant, et adapté aux défis de demain.
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Défendre le thermalisme, c’est défendre une médecine humaine, complémentaire et efficace. C’est défendre nos communes, nos emplois, nos savoir-faire. C’est défendre la promesse républicaine d’un accès égal aux soins, partout et pour tous.
La Région Grand Est continuera de porter cette voix avec détermination. Le thermalisme n’est pas un vestige du passé : c’est une chance pour l’avenir.
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