OPINION. « Arrêtons de polariser Paris ! », par Benjamin Djiane, ancien conseiller ministériel, ancien adjoint au maire (Paris Centre)

Benjamin Djiane est l'ancien adjoint au maire (Paris Centre).
LTD/Roméo Mocafico

Benjamin Djiane est l'ancien adjoint au maire (Paris Centre).
LTD/Roméo Mocafico
Près de 60 % des Parisiens, selon l’Ifop, estiment que Paris évolue « plutôt mal ». Le fossé n’a jamais été aussi grand entre ce que vivent les habitantes et habitants de la capitale et ce que raconte la majorité sortante. Trois paradoxes résument cette exaspération – pire, cette résignation.
Les ors olympiques brillaient sous les projecteurs, mais la vraie vie révèle trottoirs dégradés, déchets omniprésents, encombrants qui stagnent. La majorité sortante se félicite de son bilan, tandis que les habitants subissent une réalité que l’on refuse de regarder en face. Gérer, ce n’est pas maquiller.
Investissements spectaculaires, bâtiments triomphants : tout semble parfait sur le papier. Dans la réalité, se loger est un luxe, se déplacer un défi, élever une famille un parcours du combattant. La fracture sociale s’élargit et, pourtant, la majorité persiste à affirmer que le cap est bon. Rendre la ville prospère, c’est la rendre juste.
Budget colossal, administration tentaculaire, moyens considérables. Et pourtant tout dysfonctionne : circulation cauchemardesque, chantiers en suspens, police municipale d’opérette, scandales à répétition. On parle de « transformation », les habitants constatent surtout le chaos. Gouverner, c’est organiser.
Ces élections municipales surviennent dans un climat de défiance inédit. La polarisation nationale étouffe le débat local, et valorise deux extrêmes incapables de proposer la moindre solution crédible. Les Parisiennes et Parisiens le sentent : ce gigantesque et triste théâtre ne produit rien de durable.
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Dans ce brouillard politique, s’avancent des solutions contraires. D’un côté, une majorité sortante, électoralement, quoi qu’elle en dise, aux mains de LFI, persuadée d’avoir tout réussi ; de l’autre, une droite conservatrice qui, après avoir soufflé sur les braises promet « l’apaisement ». Mais son projet est clair : freiner, figer, revenir en arrière. Ce n’est pas la modération, c’est l’immobilisme. Ni ceux qui prétendent que tout va bien, ni ceux qui souhaitent arrêter le temps ne sont capables de relever la capitale.
C’est pour cela que Paris doit redevenir un espace de respiration démocratique. Une ville qui invente, rassemble, construit. Où le compromis, le sérieux et la vérité reprennent sens. Paris porte une responsabilité particulière : montrer qu’il existe autre chose que la politique du vacarme et de la division.
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Le seul chemin crédible, c’est une offre centrale, exigeante, lucide autour de Pierre-Yves Bournazel. Une voie qui reconnaît la réalité au lieu de la maquiller ; qui construit plutôt que de déconstruire ; qui organise plutôt que de théâtraliser. Les trois paradoxes parisiens ne sont pas une fatalité. Ils sont le point de départ d’un sursaut nécessaire.