ENTRETIEN — Le député PS et ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo Emmanuel Grégoire dévoile ses ambitions pour la capitale et demande à la gauche, hors LFI, de se rassembler au plus vite.LA TRIBUNE DIMANCHE – L’affaire des frais de représentation des maires à Paris prend de l’ampleur. Votre directeur de campagne, le maire du 18e arrondissement Éric Lejoindre, est l’un des premiers concernés, avec des dépenses de pressing ou dans un restaurant étoilé… Si elles ne sont pas illégales, comprenez-vous que ces dépenses puissent interpeller sur le plan de la morale ?
EMMANUEL GRÉGOIRE – En droit, ce qui n’est pas illégal n’est pas immoral. C’est à l’évidence une manœuvre de diversion organisée par les proches de Rachida Dati. Néanmoins, ces montants choquent légitimement, et les règles sont inadaptées. Il convient donc de les changer. Toutes les options sont aujourd’hui sur la table : réduction ou encore suppression totale des frais de représentation. Je souhaite que ma campagne comme le prochain mandat aient pour mots d’ordre l’exemplarité et la transparence.
Cela va du maire de Paris aux conseillers d’arrondissement. Une éthique que Mme Dati, mise en examen, ne semble pas s’appliquer à elle-même et à ses équipes. Mais ne tombons pas dans une démagogie insupportable et sans limite. Quand vous déjeunez, par exemple, avec un maire d’une grande ville à l’étranger ou un grand chef d’entreprise, vous ne l’emmenez pas manger à la cantine.
Vous vous voulez succéder à Anne Hidalgo. Vous différencierez-vous sur la méthode ?
Oui, j’emploierai une méthode différente, en ne perdant jamais de vue le sens de notre action et la nécessaire pédagogie qui doit l’accompagner. Ce que nous menons, ce n’est pas un combat contre la voiture, mais un combat pour la qualité de vie et la santé des Parisiennes et des Parisiens.