En cette journée mondiale du bénévolat, un constat s’impose : la France connaît une diminution du nombre de bénévoles associatifs. Le Baromètre France Bénévolat / IFOP 2025 montre une baisse d’environ trois points de 2019 à 2025, et les associations peinent à retrouver le niveau d’engagement d’avant Covid.
Ce constat souvent présenté comme alarmiste dans le débat public ne tient pourtant pas compte de la restructuration des formes d’engagement. Beaucoup en déduisent que l’envie d’agir s’essouffle. La réalité est toute autre. Les formes d’engagement se transforment, se réinventent localement.
Dernière une crise apparente du bénévolat, des gisements de générosité existent chez les Français
Car il existe derrière la baisse du bénévolat régulier un phénomène que l’on mesure encore mal : les Français n’ont pas cessé de vouloir aider, mais ils souhaitent le faire autrement. Ils privilégient désormais des actions plus ponctuelles, plus locales et plus souples.
Il existe des gisements de générosité chez les Français. Face à un modèle social fragilisé (contraintes budgétaires, défi colossal du grand âge, crise du bénévolat...), il est indispensable de mobiliser toutes les bonnes volontés et l’immense majorité des Français qui ne souhaitent pas directement s’engager dans une association. L’Heure Civique répond à cette évolution en proposant à chacun d’offrir une heure par mois à proximité de chez soi : accompagner une personne âgée pour une sortie conviviale, organiser une collecte alimentaire, vivre un moment intergénérationnel dans un EHPAD, nettoyer un espace public…
Les données sont telles que 80% des volontaires de l’Heure Civique n’ont jamais été bénévoles auparavant et 10% des volontaires, au bout d’un an d’actions, deviennent bénévoles dans une association. L’Heure Civique est la première marche d’un engagement citoyen pouvant ensuite conduire vers un bénévolat associatif.
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L'Heure Civique a ainsi rassemblé en trois ans près de 25.000 volontaires à travers la France. Ce n’est pas un hasard : répondre à un besoin concret, au coin de sa rue, redonne sens et confiance. Un engagement local, discret en apparence, est pourtant bien réel.
Alors, peut-on vraiment encore parler de « crise du bénévolat » ?
Non, les Français n'ont pas renoncé à s'engager : ils réinventent leurs manières d'agir
Si cette crise semble réelle, elle porte aussi un message d’espoir : l’envie d’aider n’a pas disparu. La force de la solidarité de proximité - celle qui relie, qui crée de la cohésion dans les quartiers, les villages, les communes - existe.
Nous voyons émerger une nouvelle génération de bénévoles, toutes classes d’âge confondues, qui cherchent davantage de souplesse mais pas moins d’impact. Ils veulent être utiles, mais pas forcément « adhérents. » ; ils veulent du ponctuel, pas du superficiel. L’Heure Civique a précisément été pensée dans cet état d’esprit : redonner envie par une première heure, simple, concrète et accessible. Il ne s’agit pas d’opposer le bénévolat traditionnel à un volontariat flexible, mais bien de penser l’un comme le chemin d’accès vers l’autre.
Renouer avec l'engagement, une heure par mois
En cette Journée mondiale du bénévolat, nous appelons les collectivités locales, les mairies, les Départements, les associations et les citoyens à faire de ce rendez-vous un véritable élan national. Chaque heure compte. Chaque heure offerte par nos concitoyens est une heure de moins à prendre en charge par les Collectivités Locales. Dans un pays où l’on assiste à une croissance de l’isolement, la perte de repères et l’affaiblissement du lien social, la réponse tient parfois en peu de chose : offrir une heure par mois à quelqu’un près de chez soi.
Ce geste n’est pas seulement solidaire, c’est une expression vivante de la citoyenneté. C’est une manière de redonner à chacun sa place dans la société. Le volontariat est un échange : il crée du lien et valorise, il rend acteur. Les bénéficiaires ne reçoivent pas seulement un service. Ils participent eux aussi à cette relation et contribuent à leur tour à retisser du lien social entre les citoyens.
L’Heure Civique n’est donc pas un dispositif de plus. C’est une invitation simple et puissante à reconstruire ensemble la chaîne de solidarité locale, en complémentarité du bénévolat existant, et en résonance avec les nouvelles formes d’engagement.
L’Heure Civique est une initiative nationale de mobilisation citoyenne portée par les Départements de la Charente-Maritime, la Vendée, le Finistère, la Mayenne et le Val-de-Marne. Avant la journée mondiale du bénévolat (le dimanche 7 décembre), elle propose un cadre simple et accessible permettant à chacun d’offrir une heure par mois pour renforcer les solidarités locales, en complémentarité avec le bénévolat associatif traditionnel.