Par définition placées en première ligne, les villes détiennent souvent la réponse aux problématiques climatiques. Reste à convaincre le citoyen, un exercice pas toujours aisé.
Le calendrier de ce mois de qui commence revêt une connotation particulière : alors que le 12 décembre, l’accord de Paris, acté lors de la Cop21, souffleront leur dixième bougie, quelques jours plus tôt, le 8 décembre, la journée du climat sera célébrée.
Deux rendez-vous majeurs qui résonnent d’une façon particulière, alors même que le dernier sondage Ifop, publié dans La Tribune Dimanche, montre à quel point les Français, à l’aube des prochaines Municipales, placent le sujet climatique en dernière position de leurs préoccupations, bien loin derrière celles de la sécurité, de la prévention, de la gestion financière, de l’attractivité ou de l’accès au soin.
Loin est la vague verte qui, en 2020, avait déferlé sur la France, emportant dans son sillage Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Grenoble ou Marseille. Près de six ans plus tard, la préoccupation écologique ne semble plus être aussi prégnante, alors que pourtant, en même temps, les événements ne cessent de se multiplier, à l’image de Melissa ou Jerry, ces tempêtes qui ont frappé récemment les Caraïbes et la Guadeloupe.
Au large du Canada, au sud de Terre-Neuve, l’île de Miquelon fait face à ce que tous craignent le plus : l’obligation de déplacer sa population. Car le recul du trait de côte, la submersion marine, les inondations – comme, encore en septembre dernier, dans le Sud de la France – ne sont plus des phénomènes climatiques exceptionnels : ils sont récurrents.
Une réalité qui touche et fragilise les territoires, et, surtout, une réalité que les maires ne sauraient ignorer. Comment expliquer alors cette dichotomie entre un climat qui manifeste de plus en plus son dérèglement et des citoyens qui semblent se détacher de la préoccupation environnementale ? Sans doute parce que le contexte s’est modifié, que l’époque a changé et que, entre inflation et baisse de pouvoir d’achat, entre fin du mois et fin du monde, comme l’écrivait déjà l’économiste Christian Gollier en 2022, le curseur s’est déplacé.
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