« Spider-Noir », « Mbappé, la diplomatie du ballon rond », « Sa Majesté des mouches »... Notre sélection écrans de la semaine

Découvrez notre sélection écrans pour la semaine du 1er juin 2026.
LTD/Aaron Epstein/Prime

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Il est devenu le Français le plus célèbre au monde. « Que vous soyez au fin fond de la Papouasie, à Tokyo ou dans l’Arkansas, c’est son nom qui ressort en premier, devant celui d’Emmanuel Macron », observe Jean-Philippe Leclaire, ancien directeur adjoint de la rédaction de L’Équipe et réalisateur de Mbappé, La diplomatie du ballon rond. Un documentaire diffusé ce 2 juin en prime time sur France 5 et présenté par Laurent Delahousse. Soixante-dix minutes durant lesquelles il n’est pas – ou peu – question de performances sportives mais de la manière dont le footballeur originaire de Bondy (Seine-Saint-Denis) s’est imposé comme un agent d’influence diplomatique au « soft power » redoutable.
« La première venue de Kylian Mbappé à l’Élysée remonte à février 2018, cinq mois avant que l’équipe de France ne remporte la Coupe du monde, rembobine Jean-Philippe Leclaire. Il avait seulement 18 ans et avait été invité à un dîner organisé autour de George Weah, président du Liberia et ancien joueur professionnel. Les convives racontent qu’il avait une assurance désarmante. » D’autant que très vite, dans les médias, le jeune homme s’aventure sur des terrains extra-sportifs.
« C’est la grande différence avec des joueurs comme Zinédine Zidane ou Michel Platini. Dès le début de sa carrière, il a assumé de représenter la France et de s’exprimer sur des sujets sociétaux et politiques. On l’a vu encore récemment quand il a pris position contre le Rassemblement national. » Pour Emmanuel Macron, c’est une aubaine. « Les deux hommes ont construit une relation tout à fait unique dans l’histoire de la République française. C’est du “donnant donnant” : chez le président, il y a eu cette volonté de récupérer une partie de l’aura de Kylian Mbappé, mais en même temps il lui a permis d’accéder aux plus hautes sphères du pouvoir. »
Une relation qui s’est toutefois étiolée depuis la fameuse finale France-Argentine de 2022. Un match perdu aux tirs au but à l’issue duquel le président avait réconforté le joueur de façon trop insistante, en plein milieu du terrain et en mondiovision. « Il y a eu un agacement des téléspectateurs car le réalisateur du match a décidé de rester une trentaine de secondes sur cette image, tente de justifier dans le documentaire Cyril Mourin, à l’époque conseiller sport d’Emmanuel Macron. C’est pour cela qu’on a eu l’impression qu’il y avait une communication excessive. » Pour l’efficacité de l’explication, on repassera…
Mbappé, la diplomatie du ballon rond, documentaire, le mardi 2 juin à 21 h 05 sur France 5.
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Il n’avait jamais été la tête d’affiche d’une série. À 62 ans, Nicolas Cage comble ce vide, et avec la manière ! Le comédien se glisse dans la peau de (presque) Spider-Man dans Spider-Noir, disponible sur la plateforme Prime Video. D’emblée, un choix audacieux est offert au spectateur : opter pour la version noir et blanc ou bien celle en couleur. Sans hésiter, c’est la première qu’il faudra privilégier, pour s’immerger dans le New York des années 1930, avec ses cabarets vaporeux et ses règlements de comptes à chaque coin de ruelle.
On y retrouve Ben Reilly (Nicolas Cage), un détective privé sur le retour qui a remisé son costume de super-héros à la suite du décès de sa fiancée. Jusqu’au jour où une nouvelle affaire va l’obliger à redevenir Spider-Noir. Cette relecture sombre et stylisée de l’univers de Spider-Man fait mouche, avec son esthétique soignée et ce personnage de héros fatigué qui lutte contre la pègre. Un rôle à la Humphrey Bogart remarquablement servi par Nicolas Cage, qui oscille avec justesse entre gravité et ironie, et parvient à insuffler de l’épaisseur et de la singularité au super-héros.
Spider-Noir, série (8 épisodes) écrite par Oren Uziel, disponible sur Prime Video.
Il en fallait de l’audace pour adapter pour la première fois en série le chef-d’œuvre dystopique William Golding Sa Majesté des mouches. Publié en 1954, celui-ci met en scène un groupe d’écoliers anglais échoués sur une île tropicale désertique après un accident d’avion. À la clé : le chaos chez ces jeunes livrés à eux-mêmes qui, progressivement, sombrent dans l’ultraviolence et l’anarchie.
Aux manettes de cette minisérie en quatre épisodes à découvrir à partir de du 1er juin sur Canal+ : Jack Thorne, le scénariste d’Adolescence, dont la diffusion sur Netflix avait provoqué l’an passé une onde de choc au Royaume-Uni. Ici encore, le thème de la masculinité toxique est présent en sous-texte. Avec pour servir le propos une réalisation hypnotique et un casting de jeunes comédiens – tous amateurs – bluffant !
Sa Majesté des mouches, série (4×52’) écrite par Jack Thorne, à partir du 1er juin sur Canal+.