Après avoir géré le risque terroriste, comment gère-t-on Nadine Morano ? Cela fait plusieurs réunions que Bruno Retailleau observe la bouillonnante sarkozyste refaire du bruit au sein des Républicains. Mardi, c’était en commission d’investiture du parti. Happé par le ministère de l’Intérieur jusqu’au 12 octobre, le Vendéen rattrape le temps suspendu.
Il reste une kyrielle de candidats LR à désigner pour les élections municipales de mars – et, avec, des luttes risibles à dénouer. À Nancy, où la droite n’est que spectatrice, Nadine Morano s’écharpe avec sa rivale locale, Valérie Debord, coupable d’avoir appelé à voter pour une Insoumise aux dernières législatives contre le Rassemblement national. « Tu dis ce que tu veux en “off”, mais tu n’écris pas ton soutien sur Facebook pour qu’il finisse sur un tract LFI », l’a sermonnée l’eurodéputée.
Au milieu, Bruno Retailleau écoute, prend des notes. Pendant un an, « il a eu un bureau couvert de parapheurs sur l’Algérie, de notes sur des faits divers », soupire une fidèle. Une autre le trouve « apaisé » malgré le contrecoup de son départ si mal maîtrisé de la Place Beauvau. Est-ce un masque ? Comparées aux affaires de l’État, celles d’un mouvement politique paraissent dérisoires. « Un calvaire », l’entend-on même dire en privé. Il cherche un « nouvel équilibre », résume son allié Hervé Marseille, patron des centristes du Sénat, où Bruno Retailleau a peu siégé depuis son retour sur les bancs le 12 novembre.