Le mouvement patronal veut donner de la voix pour influer sur le travail des futurs eurodéputés. En tournée nationale, il invitera ses adhérents à exprimer leurs attentes face au législateur européen. Sans surprise, la lutte contre les excès de la réglementation communautaire s'impose déjà au premier rang des revendications.Le débat aurait mérité une audience plus étoffée, eu égard à l'incidence des travaux législatifs européens sur le quotidien des entreprises. Une quarantaine de patrons du Grand-Est ont répondu à l'invitation du Medef le 25 janvier à Strasbourg, pour le lancement d'une tournée nationale qui s'achèvera le 18 avril à Paris. Au fil des étapes organisées comme un tour de France (douze métropoles et l'outre-mer), le syndicat des patrons va tenter de consigner des doléances exprimées par les chefs d'entreprise. Au terme de l'exercice, sept semaines avant les élections européennes, le Medef recevra en audition à Paris les principales têtes de listes nationales. Le patronat français espère peser dans le débat européen et faire entendre ses propres revendications par la prochaine mandature, élue le 9 juin.
Fabrice Le Saché, vice-président du Medef en charge de l'Europe, a déjà donné le ton à Strasbourg. « Nous ne voulons pas d'une Europe qui surréglemente », a-t-il prévenu, promettant à ses adhérents de « réinvestir massivement » dans le lobbying et le travail d'influence au Parlement et à la Commission européenne. Le Medef a installé une petite équipe de six salariés à Bruxelles. « 70 % des réglementations qui touchent aux entreprises ont une origine européenne. Notre économie dépend à 60 % du marché intérieur, directement ou indirectement. On parle de compétition mondiale, de la Chine et des Etats-Unis, mais nos premiers partenaires commerciaux sont nos voisins. Le bon fonctionnement du marché intérieur est essentiel », a estimé Fabrice Le Saché.
Anticiper l'élargissement, ou le ralentir
Sans attendre les avis qui seront exprimés par les patrons au fil de son tour de France, Fabrice Le Saché a exprimé ses réticences quant à un élargissement possible de l'Union européenne. « La question c'est jusqu'où, et comment ? La prise de décision est déjà difficile à 27 ! On a une pleine solidarité avec l'Ukraine. Mais ce chemin pose des questions, on le voit bien avec les sujets agricoles », a-t-il prévenu. Le clin d'œil aux agriculteurs ne doit rien au hasard : à l'heure où le Medef débattait ce jeudi matin dans l'enceinte prêtée par le Parlement européen, la FNSEA bloquait l'ensemble des accès routiers à la capitale européenne.