Pourquoi les médecins entrent en grève contre le budget de la Sécurité sociale ?

Du 5 au 15 janvier, les médecins entre en grève pour protester contre des mesures de la loi de financement de la sécurité sociale.
LTD/ Picture-Alliance via AFP

Du 5 au 15 janvier, les médecins entre en grève pour protester contre des mesures de la loi de financement de la sécurité sociale.
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Des rendez-vous reportés, des cabinets médicaux fermés… Les syndicats de médecins libéraux promettent un mouvement de grève « sans précédent » à partir de lundi et jusqu’au 15 janvier. Dans leur viseur ? Plusieurs mesures contenues dans la loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour l’année qui s’ouvre – adoptée mi-décembre et promulguée mardi – et une politique gouvernementale qu’ils accusent de « piétiner » leur profession.
« Nos remontées de terrain nous indiquent un mouvement d’une ampleur assez unique », pronostique Franck Devulder, gastro-entérologue et président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF). Selon un sondage réalisé en interne, 85 % des adhérents du syndicat prévoient de participer à la contestation. Hier, près de 14.000 médecins s’étaient déclarés grévistes sur une plateforme du syndicat Jeunes Médecins. Le mouvement sera aussi très suivi dans les cliniques privées.
Soucieuse de « renouer le dialogue », la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, avait reçu plusieurs syndicats après l’adoption du PLFSS. Mercredi, elle a adressé une lettre aux grévistes. Elle revient sur les sujets qui fâchent. Comme l’instauration d’amendes pour les praticiens n’utilisant pas le dossier médical partagé (DMP), un espace en ligne conçu pour rassembler les documents de santé des patients. La mesure a été retoquée par le Conseil constitutionnel.
La ministre évoque aussi la possibilité que les tarifs de certains actes médicaux soient imposés unilatéralement par l’Assurance maladie. Elle s’est engagée à ne pas avoir recours à cette disposition, principale source du mécontentement des médecins. Mais, pour les syndicats, cela ne suffit pas. « Nous demandons des actes, insiste Franck Devulder. La mobilisation qui arrive est un coup de semonce. Les arbitrages n’y sont pas. »
Car, au-delà du budget de la Sécurité sociale, d’autres textes en cours d’examen provoquent l’ire des médecins libéraux. C’est le cas du projet de loi antifraude, qui prévoit de restreindre la prescription d’arrêts de travail dans la durée. « On ne s’amuse pas à faire des arrêts de travail injustifiés, s’agace Patricia Lefébure, généraliste à la tête de la Fédération des médecins de France. Si l’on doit réduire, comment trier les patients ? La déontologie nous l’interdit. »
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Les syndicats appellent au retrait de cette mesure pourtant défendue par la ministre au nom de la lutte « contre la désinsertion professionnelle ». Quant aux dispositions du PLFSS – un texte « largement retravaillé » par le Parlement, rappelle le cabinet de Stéphanie Rist –, les médecins souhaitent voir leur mise en œuvre « ralentie et aménagée », selon Patricia Lefébure. Une manifestation est prévue samedi prochain à Paris.
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Alors que la France connaît actuellement une épidémie de grippe, cette grève devrait conduire à un « report d’activité dans le public », prévoit-on à la Fédération hospitalière de France. Le ministère de la Santé a donc réuni en début de semaine les agences régionales de santé (ARS). « L’enjeu est d’assurer la permanence des soins, précise l’entourage de la ministre. Ce qui peut aller jusqu’à des réquisitions décidées par les ARS. »