« Ma crainte, c’est que tout le monde se dise que vous vous acharnez » : dans les coulisses de la reconduction de Lecornu
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Sébastien Lecornu, le 11 octobre.
LTD / Serge Tenani/Hans Lucas via AFP
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Sébastien Lecornu, le 11 octobre.
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« Gâteau avalé n’a plus de goût. » C’est une des expressions fétiches de Sébastien Lecornu. Emmanuel Macron ressentira-t-il, lui, un relent amer d’ici quelques jours ? En choisissant de reconduire vendredi 10 octobre, au début de la nuit, l’ex-maire de Vernon au poste de Premier ministre, le président a pris un énorme risque. Cela passera-t-il ? Le locataire de Matignon résistera-t-il à une censure ?
Les heures précédentes, ils ont pourtant été nombreux à mettre le président en garde contre cette décision. À l’issue de la réunion à l’Élysée vendredi avec les partis politiques (à l’exception du RN et de LFI), Gabriel Attal alerte le chef de l’État, qui rejoint le patron de Renaissance, alors en pleine discussion avec Emmanuel Moulin, le secrétaire général du Palais. « Ma crainte, c’est que, si vous renommez Sébastien, tout le monde comprenne assez vite que rien ne change du point de vue de la méthode et se dise que vous vous acharnez à garder la main », lui explique-t-il.
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Plus tôt dans la journée, François Bayrou a également prévenu Emmanuel Macron du risque considérable qu’il prenait. L’ex-locataire de Matignon lui a indiqué que son choix apparaîtrait comme une obstination… Mais rien n’a arrêté le chef de l’État. À ses yeux, même s’il est bien conscient de l’impression d’entêtement que cela peut donner, Sébastien Lecornu reste le mieux positionné pour parvenir à faire adopter un budget avant la fin de l’année. La prestation réussie du Normand au 20 Heures de France 2 mercredi 8 octobre n’a-t-elle pas prouvé toutes ses qualités ? se demande-t-on à l’Élysée.