Au PS, Olivier Faure joue la montre. La chronique politique de Pierre Lepelletier

Découvrez la chronique politique de Pierre Lepelletier.
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Ils assurent s’être quittés en bons amis. La direction du Parti socialiste et celle de Place Publique se sont retrouvées pendant plus de trois heures ce lundi 27 avril au soir pour se « dire les choses franchement ». Raphaël Glucksmann, le seul à gauche jaugé au-dessus de 10 % dans les sondages hors Jean-Luc Mélenchon, a rappelé à ses interlocuteurs qu’il comptait sur le soutien du PS pour 2027. « Il n’est pas imaginable qu’on ne puisse pas travailler ensemble », souffle-t-on autour de lui.
Les socialistes, aux côtés d’Olivier Faure, ont, eux, répété la nécessité d’une candidature commune de toute la gauche non-mélenchoniste pour avoir une chance de se qualifier au second tour. « On a essayé de se convaincre les uns et les autres », raconte une participante. Chacun est resté sur sa position, même si, certes, un début de principe a été acté : « décider que faire » d’ici la fin de l’été. Bien vague… Au grand regret de Raphaël Glucksmann, Olivier Faure ne souhaite pas se précipiter.
Le premier secrétaire du PS a retenu la leçon de la présidentielle de 2022 lorsqu’il avait soutenu Anne Hidalgo dès la fin de l'année 2020, avant de finir spectateur impuissant face au crash (1,74 %). Cinq ans plus tard, le député de Seine-et-Marne veut garder les cartes en main le plus longtemps possible. C’est aussi la raison pour laquelle il refuse le principe d’un vote interne pour élire le candidat socialiste d’ici l’été, demandé par Boris Vallaud, le président du groupe à l’Assemblée et rival interne. Olivier Faure estime qu’une telle désignation ne ferait pas avancer le chemin vers le rassemblement. D’autant que, si un autre socialiste venait à être adoubé, lui perdrait les clés du camion.
Le premier secrétaire du PS laisse donc sur la table l’idée d’une primaire, également défendue par Marine Tondelier, la patronne des Verts, et les anciens Insoumis, François Ruffin et Clémentine Autain. Ces dernières semaines, le chef des socialistes a entrepris des rencontres avec tous les chefs de parti de gauche – hors Jean-Luc Mélenchon – pour démontrer qu’il n’existait, à ce jour, pas d’autre option. Dans ses échanges, il ne manque pas de souligner que l’appel lancé mi-avril par Raphaël Glucksmann, Boris Vallaud et Yannick Jadot pour « construire » une candidature commune, a tout de suite fait pschitt.
Que la primaire finisse par voir le jour ou non, Olivier Faure cherche en attendant à montrer sa constance sur la nécessité de l’union. Si la décision devait se faire au consensus avec les autres partenaires, il pourrait se targuer d’avoir conservé ce rôle au fil des mois, tout en ayant entretenu le lien avec tous.
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Une manière d’apparaître, au bout du bout, comme le « barycentre » de la gauche, dixit ses soutiens, et donc de devenir une candidature de rassemblement crédible. Suffisant pour créer une dynamique ? « Olivier Faure est premier secrétaire du PS depuis huit ans, et il ne dépasse toujours pas les 4 % dans les sondages. À un moment, il faut être sérieux… », soupire un parlementaire socialiste, dans l’opposition interne.
En décidant de ne pas trancher tout de suite, le premier secrétaire prend en revanche le risque de laisser le temps à d’autres de s’organiser. Ainsi, François Hollande, autre grand stratège, est ravi que la direction du Parti socialiste ne soit pas dans l’urgence, lui qui mise sur de bons sondages à Noël pour s’imposer comme le recours naturel. Pour l’heure, Olivier Faure l’observe manœuvrer. Il sait à quel point l’ex-chef de l’État – son prédécesseur à Solférino – a du métier. Et à quel point il serait humiliant de lui redonner le volant, après avoir passé huit années à tout faire pour essayer de s’en démarquer.