Depuis plusieurs mois, Raphaël Glucksmann se faisait discret. L'homme de 45 ans se tenait plutôt éloigné de la politique. Mais depuis la scène ahurissante du Bureau ovale fin février, le député européen est revenu au premier plan et écume les plateaux télé pour alerter sur les conséquences de la spectaculaire alliance entre Donald Trump et Vladimir Poutine. L'Ukraine comme les questions internationales, ce sont ses sujets, parmi ses plus chers combats, lui qui avait rejoint Kiev il y a vingt ans lors de la révolution orange.
Cette grande bascule des équilibres mondiaux a aussi renforcé un constat que l'ancien candidat des socialistes aux élections européennes avait déjà fait : les divergences avec La France insoumise sont bien trop grandes pour faire semblant. Si son parti avait participé au Nouveau Front populaire permettant de faire barrage à l'extrême droite aux législatives qui avaient suivi la dissolution, il ne réitérera pas l'expérience. « Il n'y aura pas d'alliance nationale avec La France insoumise et Jean-Luc Mélenchon, quoi qu'il arrive », assure-t-il à La Tribune Dimanche, qu'il a reçu vendredi, avant le congrès de son parti Place publique, qui se tient ce dimanche à Paris.
Le député européen dévoilera son projet en juin et entend proposer aux socialistes la mise en place d'une plateforme commune pour 2027. Mais la France fera-t-elle exception à la vague populiste ? Résolument optimiste voire idéaliste, Raphaël Glucksmann veut le croire. De la crise naît l'opportunité.