L'élection de plusieurs députés à la tête de mairies rebat les cartes au Palais-Bourbon. Les choix de Paul Christophe et Éric Ciotti, qui devraient quitter leurs fonctions nationales pour leurs villes, ouvrent une bataille de succession au sein de leurs groupes respectifs, à un an de la présidentielle.Parmi les 38 députés qui viennent de remporter une élection municipale en tant que tête de liste, tous n’opteront pas pour le mandat de maire. Il y en a toutefois deux pour qui c’est une certitude et dont le choix aura des conséquences politiques : Paul Christophe et Éric Ciotti. Le premier dirige le groupe Horizons (35 membres) à l’Assemblée nationale et va retrouver les manettes de sa commune de Zuydcoote, dans le Nord.
Le second, président de l’UDR et principal allié du Rassemblement national, a exaucé son rêve de ravir Nice à Christian Estrosi. Paul Christophe devrait confier mardi sa chasuble à Laurent Marcangeli. Proche d’Édouard Philippe, l’élu corse a été chef des députés Horizons de 2022 à 2025 et n’a pas été reconduit ministre par Sébastien Lecornu.
« À un an de la présidentielle, il faut quelqu’un de très politique à ce poste », éclaire un philippiste. Du côté d’Éric Ciotti, principal liant d’une boutique qui n’a que 17 sièges au Palais-Bourbon, c’est épineux. Méfiant de nature, le Niçois missionnera un député jugé « loyal », dixit un fidèle. Les noms de Bernard Chaix, son voisin maralpin, et d’Éric Michoux, entrepreneur à succès élu en Saône-et-Loire, tiennent la corde.
Chez les jeunes UDR, il existe les options Hanane Mansouri, remarquée lors des débats sur la fin de vie, et Maxime Michelet, ex-plume d’Éric Ciotti. Charles Alloncle, médiatisé pour ses auditions parfois polémiques à la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, est perçu en interne comme étant plutôt proche de Jordan Bardella.