L’édito de Bruno Jeudy. Le désendettement, c’est maintenant

Découvrez l'édito de Bruno Jeudy.
LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI

Découvrez l'édito de Bruno Jeudy.
LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI
« Nous pensions être face à une crise conjoncturelle. Elle est devenue structurelle » : Lavazza pris dans la tempête du marché du café
Le business des Miles, moteur insoupçonné de la rentabilité d’Air France-KLM
Engie va supprimer environ 1 000 postes dans ses fonctions support d’ici à 2028
Fer guinéen : 6 mois après ses premières expéditions vers la Chine, Simandou monte en puissance
« 2026 pourrait être la pire année depuis 2013 » : le pouvoir d'achat des Français va souffrir
Souveraineté alimentaire et sanitaire : l'État va entrer au capital de l'industriel Eurolysine, menacé par la concurrence chinoise
Publié en 2006, le livre de François Fillon La France peut supporter la vérité n’a pas pris une ride. Le diagnostic qu’il dressait — celui d’un État obèse et d’une nation vivant à crédit — s’impose plus que jamais. Et pourtant, la représentation nationale continue de détourner le regard. Entre le débat budgétaire et celui sur la Sécurité sociale, les parlementaires, toutes couleurs confondues – avec une prime à la créativité pour la gauche et, dans une moindre mesure, pour le RN – ont voté pour près de 40 milliards d’impôts supplémentaires. Une fuite en avant fiscale qui étouffe un pays qui aurait besoin, au contraire, d’une cure d’amaigrissement.
La France n’a plus les moyens de sa générosité. L’ancien président de la SNCF devenu ministre du Travail et des Solidarités Jean-Pierre Farandou, en suggérant de supprimer la prime de Noël pour les bénéficiaires du RSA, a simplement dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas : les caisses sont vides. Le premier président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, tire la même sonnette d’alarme : la France sera le seul pays de la zone euro à continuer de creuser ses déficits en 2026 !
La charge de la dette, elle, devrait flirter avec les 74 milliards d’euros, presque autant que le budget de l’Éducation nationale. Comment conduire encore
des politiques publiques efficaces avec un tel fardeau ? Jusqu’où ira-t-on avant d’hypothéquer notre souveraineté et de rendre nos politiques publiques totalement inopérantes faute de crédibilité ?
Certes, une part des quelque 1000 milliards d’euros de dettes supplémentaires (sur 3400) accumulées depuis 2017 découle du Covid. Mais le reste ? Des dépenses superflues, des boucliers tarifaires sans discernement, des aides sans contreparties. Malgré les alertes de Bruno Le Maire, qui aurait sans doute dû démissionner plutôt qu’adresser des notes secrètes, Emmanuel Macron a fermé les yeux. Son éternel optimisme confine à l’aveuglement. Le romancier Tristan Bernard l’avait résumé naguère en une formule cruelle : « Le comble de l’optimisme, c’est de rentrer dans un restaurant et de compter sur la perle qu’on trouvera dans une huître pour payer la note. » De perle, il n’y en aura pas.
Le réveil sera brutal. Les Français, encouragés par des responsables politiques timorés, préfèrent repousser l’effort. Et pourtant, le moment est unique : un président en fin de parcours, un Premier ministre prêt à assumer l’impopularité, une conjoncture qui impose le courage. Si ce sursaut n’a pas lieu maintenant, le prochain chef de l’État héritera d’une situation explosive : des déficits abyssaux, une colère sociale intacte, une crédibilité européenne en lambeaux. Pourquoi attendre pour faire ce sale boulot et laisser la nouvelle équipe écoper en 2027 dans des conditions encore plus dégradées ?
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.

À lire également
La grandeur de la France ne se nourrit pas d’illusions ni de procrastination. Le désendettement n’est plus une option comptable : c’est une exigence politique, un devoir de vérité envers la nation. François Fillon l’avait martelé pendant sa campagne perdue en 2017 : la vérité est douloureuse, mais elle seule peut nous sauver.
Final Four de handball féminin : l’Europe parle français
Courbet, Rembrandt, Monet, De Vinci... Quand les artistes explorent l'art de l'autoportrait
Olivier Faure, une « pré-primaire » pour contraindre Glucksmann. La chronique politique de Pierre Lepelletier
Présidentielle 2027 : Dominique de Villepin soigne sa gauche