Le PS a réagi très négativement aux premières annonces budgétaires du nouveau Premier ministre, qui présentera son gouvernement à la fin de la semaine.Depuis près de trois semaines qu’il est installé à Matignon, Sébastien Lecornu se pose toujours la même question : les oppositions accepteront-elles de saisir sa main tendue et de passer avec lui un compromis autour du budget ?
La question vaut d’abord et avant tout pour le parti socialiste. Si celui-ci lui délivre une fin de non-recevoir, il n’y aura alors rien à faire. Son sort sera scellé et la France basculera dans une crise qui la conduira, prédit-il, à ne pas avoir de budget avant mai ou juin.
Depuis vendredi (26/09), l’espoir que la réponse à son interrogation soit positive s’est un peu amenuisé. Jusque-là très peu disert, y compris lors de ses déjeuners avec les chefs des partis du socle commun, pourtant ses alliés, le Premier ministre a commencé à prendre son risque. Dans une interview au Parisien, il a dévoilé son jeu et ses premiers arbitrages. Il a dit non à la taxe Zucman réclamée par les socialistes et à un retour de l’ISF, que certains dans son propre camp jugeaient comme la porte de sortie idéale, tout en affirmant être soucieux de prendre en compte la demande des Français de plus de justice fiscale.
« Certains impôts augmenteront, certains impôts diminueront », a-t-il garanti. S’il affirme qu’il ne suspendra pas la réforme Borne sur les retraites comme le PS le demandait, il souhaite avancer sur la question de la pénibilité, mise en avant lors du conclave printanier entre partenaires sociaux. S’il ne présentera pas « un budget d’austérité et de régression sociale », il explique que ce texte ne sera pas à la fin du processus le sien, pas plus que celui du socle commun, mais le fruit d’une construction parlementaire avec les oppositions.