Le 15 mai 2024, Dominique Faure, ministre déléguée chargée des Collectivités territoriales du gouvernement Attal, reçoit à dîner Olivier Dussopt, alors numéro deux de Renaissance, Pierre-Yves Bournazel, secrétaire général délégué d'Horizons chargé des élections, Maud Gatel, la secrétaire générale du MoDem, et Grégory Potton, conseiller à l'Élysée chargé du pôle politique et parlementaire.
Cette rencontre, qui doit rester confidentielle, se veut la première d'une série pour préparer les élections municipales de 2026 au sein du camp présidentiel. Il n'est pas trop tôt pour s'y mettre : en 2020, lors du précédent scrutin, qui avait été très perturbé par la crise sanitaire, les résultats avaient été pour lui catastrophiques. Faut-il appliquer une logique territoriale ou une logique politique plus nationale ? Les discussions s'engagent sans que le cas précis d'aucune ville ne soit véritablement évoqué ce soir-là.
Finalement, ce dîner n'aura pas de suite. Trois semaines plus tard, la dissolution opérée par Emmanuel Macron rebat toutes les cartes. Renaissance, Horizons et le MoDem en sortent groggy et se recroquevillent dans leur coquille. Le locataire de l'Élysée ayant décidé de convoquer de nouvelles élections législatives anticipées sans consulter quiconque, le collectif n'existe plus vraiment au sein de la Macronie. Cet hiver, chaque état-major s'attelle donc aux municipales dans son coin. Le 20 mars, Renaissance donne le ton. Le parti présidé depuis décembre par Gabriel Attal rend publics ses 20 premiers « pilotes municipaux », chargés de préparer la campagne et de discuter avec les partenaires politiques en vue de l'échéance de mars 2026, sans forcément être eux-mêmes candidats.
Dans cette salve figurent Bordeaux, Lille, Grenoble, Lille, Nîmes... Tout au long du printemps, la liste s'allongera. Le 29 avril, c'est Horizons qui officialise ses chefs de file dans 100 villes avec le même objectif. Le 30 mai, la formation d'Édouard Philippe y a ajouté une trentaine de nouveaux noms. De son côté, le MoDem fera de même dans les prochains jours. Afin de préparer le casting centriste, François Bayrou a réuni à Matignon à plusieurs reprises ces dernières semaines Maud Gatel et Marc Fesneau, le numéro deux du parti, qui a entrepris un tour de France afin de faire passer dans chaque municipalité où il s'est arrêté des entretiens individuels aux candidats potentiels.