Dominée jadis par des maires proches de Jean-Marie Le Pen, la cinquième ville de France est le théâtre d’une lutte sans merci entre Éric Ciotti, allié du RN, et le sortant Christian Estrosi.Louis Giscard d’Estaing ne sait plus trop où donner de la tête. Ce mercredi 19 février, le maire de Chamalières est venu profiter du soleil maralpin sur l’invitation de son ami Christian Estrosi. Le carnaval de Nice bat son plein et l’édile de 70 ans brigue un quatrième mandat aux manettes de la cité azuréenne.
Avant d’emmener son homologue du Puy-de-Dôme au défilé des chars fleuris, l’ex-ministre sarkozyste lui a montré l’avenue Valéry-Giscard-d’Estaing qu’il a fait rénover. Le défunt chef de l’État avait théorisé, dans les années 1970, la structuration d’une droite libérale. Qu’aurait-il pensé du violent duel auquel se livrent Christian Estrosi et son ancien poulain, Éric Ciotti, en vue de l’élection des 15 et 22 mars ?
Place Masséna, le cadet de VGE tombe nez à nez avec le candidat allié au Rassemblement national. Celui-ci était en route pour se mêler ailleurs à la foule : pas question de croiser son concurrent soutenu par la Macronie et, plus mollement, par ses ex-camarades des Républicains (LR). « Et alors, Louis ! Qu’est-ce que tu fais là ? » s’enquiert Éric Ciotti. Un ami, lui aussi
Il y a des lustres, Louis Giscard d’Estaing et le député des Alpes-Maritimes ont siégé dans la même instance dirigeante de l’UMP. L’un est désormais vice-président de la centriste UDI mais conçoit que l’autre ait choisi en 2024, pour survivre électoralement, de s’arrimer au RN puis de fonder l’Union des droites pour la République (UDR), succursale ultralibérale des lepénistes. Après tout, Jacques Médecin, ex-maire à la fois emblématique et si droitier de Nice, a eu sa carte au parti de Giscard père et a été son secrétaire d’État au Tourisme…