On a vu réprimande plus sèche. Le 3 juin, à l'Assemblée nationale, Éric Ciotti ouvre sa réunion hebdomadaire du groupe UDR avec une remarque. « Certains viennent peu... » À la tête du plus petit môle de députés, 16 en s'incluant, l'élu des Alpes-Maritimes leur lâche la bride. Peut-être trop ? « C'est l'école Montessori », plaisante l'une d'eux. Combien n'ont eu aucun déjeuner en tête-à-tête avec le patron depuis un an ? Difficile de créer des liens avec cet homme à la fois jovial et ombrageux. L'essentiel, pour l'ex-président des Républicains, est de se singulariser à travers sa boutique et le libéralisme radical, sauce Javier Milei, qu'il y promeut.
Née de sa tentative de saborder LR en s'alliant au Rassemblement national en 2024, l'Union des Droites pour la République subsiste, malgré ses piètres débuts. « Éric ne vit que sur la base d'un accord avec un mastodonte, analyse l'entourage de Laurent Wauquiez, qui a retissé de bons liens avec le Niçois. Sans ça, ils font la manche. » La boutique aura une vitrine tactique jeudi au Palais-Bourbon.
Profitant de la dernière « niche » parlementaire avant la pause estivale, les UDR vont défendre des textes censés perturber les formations qui soutiennent, sans harmonie ni entrain, le gouvernement Bayrou. Immigration algérienne, interdiction de marier les personnes frappées d'une obligation de quitter le territoire... La panoplie ressemble à celles de LR ou Horizons. Le bilan risque d'être médiocre mais, au moins, Marine Le Pen a donné consigne à ses 122 députés d'être présents.