Les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sont sans appel. Jeudi 3 juillet, elle a encouragé ses États membres à « augmenter les prix réels du tabac, de l'alcool et des boissons sucrées d'au moins 50 % d'ici 2035 ». Si le tabac a été fortement taxé ces dernières années en France, ce n'est pas le cas de l'alcool et encore moins du sucre.
Lors de la dernière loi de finances 2025, le gouvernement a tout de même voté un réhaussement de la « taxe soda ». Une décision qui multiplie par trois la taxation - initialement mise en place sous Nicolas Sarkozy - sur les boissons contenant entre 5 et 8 kg de sucre ajouté par hectolitre et par deux celle sur les boissons allant au-delà de 8 kg de sucre ajouté. Trop peu pour de nombreux parlementaires et pour l'Assurance maladie.
Dans son rapport charges et produits distribué la semaine dernière, la Caisse nationale d'Assurance maladie (Cnam) recommandait également de « renforcer et élargir progressivement les taxes comportementales (à mesure que leur rendement à assiette et taux constants baisse de par leur efficacité), afin de rendre les produits les plus nocifs pour la santé moins attractifs pour les consommateurs (sucre ajouté et produits alimentaires ultratransformés, nitrites additifs, perturbateurs endocriniens (notamment le phtalate), boissons sucrées, tabac, alcool) ».
Des mesures qui auraient deux impacts significatifs : « réduire les maladies chroniques et générer des revenus essentiels pour les caisses publiques », a ainsi expliqué l'OMS. La « taxe soda » a déjà rapporté 486 millions d'euros à l'Assurance maladie en 2024 pour la contribution sur les boissons contenant des sucres ajoutés, et 47 millions d'euros pour celle sur les boissons contenant des édulcorants.