« La Fuite en avant », le nouvel album confessions d’Orelsan

La Fuite en avant (Sony/7th Magnitude). En tournée dans toute la France à partir du 16 janvier 2026.
LTD/Remi Besse

La Fuite en avant (Sony/7th Magnitude). En tournée dans toute la France à partir du 16 janvier 2026.
LTD/Remi Besse
L’opus est baptisé La Fuite en avant. Mais il aurait aussi bien pu s’appeler Yoroï tant il s’écoute comme le prolongement, la quasi BO de son film-fable fantastique sous influence nipponne. Foutraque et animé d’une passion sincère pour l’archipel, il n’aura pas séduit le grand public au-delà des fans du chanteur, avec à peine 140.920 entrées. Orelsan y incarne son double en pleine crise existentielle fuyant avec sa compagne enceinte dans un Japon bucolique hanté par des démons maléfiques…
Son nouvel album devrait assurément connaître un destin plus glorieux. Quatre ans après le carton de Civilisation (1 million d’exemplaires), Orelsan signe un album brut et direct, d’une sincérité absolue quand il ausculte son rapport ambigu au succès (Le Pacte), sa crise de la quarantaine (Plus rien) et ses démons intérieurs (Les Monstres) qu’il finit par terrasser grâce à sa récente paternité, abordée dans trois chansons (Deux et demi, Dans quelques mois, Épiphanie). Le tout est raconté en 17 titres comme autant de pages d’un journal intime en forme d’autoanalyse qui ne sombre jamais dans l’impudeur dégoulinante grâce à sa plume affûtée et son ironie mordante.
Car Orelsan manie l’humour et l’autodérision comme personne, notamment quand il rend hommage à son épouse dans Boss (« c’est elle la mâle alpha du couple »). Il excelle toujours dans l’exercice de l’ego trip pour dégommer, avec un flow de mitraillette, les rappeurs à la petite semaine jaloux de son succès (Osaka). Et se montre sans complaisance avec sa petite personne quand il convoque Sama, son jumeau maléfique qui lui balance ses quatre vérités avec une violence inouïe dans La Petite Voix (« tu es devenu tout ce que tu détestais », « on ne sait pas si t’es Mélenchon ou la pute de LVMH »).
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Ce jeu de miroirs halluciné constitue l’un des sommets du disque produit par l’indéfectible Skread. Seul bémol, le featuring avec Thomas Bangalter (ex-Daft Punk) qui accouche d’un titre pompier entre rock progressif poussif et électro datée.
La Fuite en avant (Sony/7th Magnitude). En tournée dans toute la France à partir du 16 janvier 2026.