« Il avait ce besoin viscéral de réveiller les consciences » : Daniel Balavoine, immortel, 40 ans après sa mort
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Daniel Balavoine, en 1982.
LTD/Simon Dubois/Fastimage
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Daniel Balavoine, en 1982.
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« On ne parlera jamais assez du potentiel énorme de Daniel Balavoine. De nous tous, c’est probablement celui qui avait le plus gros. L’histoire la plus importante de sa vie était à vivre encore. Et c’était demain. » Le 15 janvier 1986, dans le studio de RTL, Jean-Jacques Goldman rendait le plus bel hommage à son ami disparu la veille, avec cinq autres personnes dont Thierry Sabine, dans un crash d’hélicoptère lors du Paris-Dakar.
Son émotion est au diapason d’une France tétanisée et inconsolable tant le chanteur citoyen à la voix unique et au caractère trempé incarnait une figure familière, quasi familiale, par la force de ses tubes humanistes, de ses coups d’éclat cathodiques et de ses engagements menés à la sueur du front.
Fauché en pleine gloire, à l’âge christique de 33 ans, Daniel Balavoine avait souvent chanté la fragilité de la vie (« Pour mourir célèbre / Il ne faut rien emporter » ; « J’ai trop peur de mourir avant la fin »). Deux ans avant sa disparition, il avait même imaginé son oraison funèbre et confessé son souhait parfois obsédant de tirer sa révérence avant ses proches dans une chanson d’amour paradoxale dont il avait le secret (Partir avant les miens).
Personne n’imaginait que son vœu serait exaucé si brutalement, en pleine mission humanitaire pour installer des pompes à eau dans le Sahel. Après avoir chanté le drame de la famine (Un enfant assis attend la pluie), le temps était à l’action, sur le terrain… « Je ne suis pas un héros, faut pas croire ce que disent les journaux », clamait Balavoine. Ce jour-là, la France entière pensait l’exact contraire.
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Quatre décennies plus tard, le chanteur aux trois octaves demeure cette figure populaire auréolée d’une destinée aussi flamboyante que tragique. « Je veux mourir à 33 ans comme Jésus, Bruce Lee et Balavoine », clame Orelsan dans sa chanson Courez Courez. Sur YouTube et TikTok, des millions d’internautes détournent son tube Le Chanteur en remplaçant le « Henri » par leur prénom. Le 21 juin dernier, son hymne Sauver l’amour, sublimé par un orchestre symphonique, accompagnait le retour de la vasque olympique de Paris 2024 au jardin des Tuileries.
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