L’astronaute Sophie Adenot s’apprête à devenir la deuxième Française à séjourner dans la station spatiale internationale. Jeudi, elle a livré ses dernières impressions avant le départ à des collégiens réunis à l’Élysée.
Vingt-cinq ans après, une Française va à nouveau s’envoler dans l’espace. Sophie Adenot, 43 ans, s’apprête à devenir la deuxième astronaute tricolore à rejoindre pour quelques mois la station spatiale internationale après la pionnière Claudie Haigneré, dont le dernier vol remonte à 2001. Accompagnée de deux Américains et d’un Russe, elle doit décoller de Cap Canaveral (Floride) entre mercredi et vendredi prochains pour une mission de huit mois.
«On n’attend plus que le décollage, a-t-elle admis tout sourire jeudi après-midi face à des adolescents qui l’ont jointe en visioconférence depuis l’Élysée, à Paris. C’est du sport mais on est prêts !» Sophie Adenot est actuellement en période de quarantaine en Floride, où elle achève les derniers préparatifs du premier vol spatial de sa carrière. Elle effectuera le voyage d’environ 400 kilomètres vers l’ISS à bord de la capsule Dragon de SpaceX.
Une fois en orbite, l’astronaute française participera à environ 200 expériences scientifiques. Au programme notamment : des recherches sur les effets sur le corps humain de la quasi-absence de gravité dans l’espace. Elle mènera aussi des travaux avec les élèves de 4.500 établissements scolaires partout en France. Concrètement, ceux-ci reproduiront des expériences faites par Sophie Adenot pour comparer les résultats sur Terre et dans l’espace.
«L’objectif est d’inciter les jeunes — et notamment les jeunes filles — à aller vers des carrières scientifiques», explique Rémi Canton, chef de projet au Centre national d’études spatiales, présent à l’Élysée. Un principe répété tout au long de l’après-midi par Emmanuel Macron mais aussi par Thomas Pesquet, dernier Français à s’être rendu dans l’ISS et dont les apparitions médiatiques ont relancé l’intérêt de l’opinion pour l’espace.
«C’est très inspirant de se dire que si on travaille suffisamment, on peut avoir un parcours comme le sien», considère Anna, 14 ans, scolarisée en «classe espace» dans un collège de l’Essonne qui dit avoir «beaucoup suivi» le parcours de l’astronaute. «Sophie va ressentir et voir beaucoup de choses : son corps léger, la superbe vue depuis le hublot, ses échanges avec des astronautes d’autres pays», énumère quant à elle Claudie Haigneré.
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Si un problème détecté lundi sur la fusée SpaceX pourrait retarder le décollage, la Française se dit impatiente. «On dit souvent que ce n’est pas les moteurs, mais c'est l’enthousiasme de tous ceux qui restent au sol qui vous emmène dans l’espace, a-t-elle conclu. Je compte sur vous pour suivre le décollage et faire le décompte avec moi !» Sa biographie intitulée Sophie Adenot, de la Terre aux étoiles (Marc Dana, Éditions du Rocher) paraîtra le 11 février. L’astronaute devrait être de retour sur Terre en octobre.